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Alost : les hôpitaux peuvent-ils refuser des patients ?

Alost : les hôpitaux peuvent-ils refuser des patients ?
06 oct. 2020 à 13:41 - mise à jour 06 oct. 2020 à 13:41Temps de lecture3 min
Par Valentin Boigelot

Le bourgmestre N-VA d'Alost, Christoph d'Haese, ne veut plus accueillir dans les hôpitaux de sa ville des patients covid-19 venant de Bruxelles. Il estime que les limites de la solidarité médicales ont été atteintes. Mais à l'heure où il y a plus de 1000 patients covid actuellement hospitalisés et que certains hôpitaux pourraient bientôt être surchargés, peut-on refuser des patients sous prétexte qu'ils viennent d'une autre région ? 

Une solidarité cruciale

Alost : les hôpitaux peuvent-ils refuser des patients ?

La position du bourgmestre d'Alost va à l'encontre des directives fédérales. Pour faire face à la crise du coronavirus, il est fait appel à la solidarité médicale. Des transferts entre hôpitaux via des plans de distributions dits "dynamiques" ont étés mis en place. Mais pour le bourgmestre d'Alost, cette solidarité va trop loin. D'après lui, même si les deux hôpitaux concernés ne sont pas saturés, l'impact sur leurs finances est trop important. Cela limiterait leurs activités habituelles plus rémunératrices. Il demande dès lors de mettre un terme à ces transferts et il formule cette demande en tant que président du conseil d'administration d'un des hôpitaux de la ville mais également en tant que chef de la cellule de crise locale.

Les patients bruxellois seront toujours admis

Les deux hôpitaux d'Alost dont il est question font en réalité partie d'un réseau avec les hôpitaux bruxellois UZ Brussel et AZ Sint-Maria à Hal, confrontés tous deux à une augmentation significative d'admissions. A l'hôpital alostois Algemeen Stedelijk Ziekenhuis (ASZ), on comprend mal la sortie médiatique du bourgmestre. "Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cela", dit le Dr. Michaël Rosseel, cardiologue et vice-président du conseil d'administration de l'hôpital. 'Il y a un plan de dispersion pour les patients covid et je pense que c'est un bon plan. Notre hôpital en tout cas va aller dans le sens de ce plan ".

Dans l'hôpital de ce médecin, qui est le plus gros des deux hôpitaux alostois, actuellement, 18 des 20 lits dédiés au covid sont occupés. Quatre d'entre eux le sont par des patients bruxellois.  "La nuit passée et le jour passé, nous avons encore eu des patients de Bruxelles qui sont venus ici. Et donc, tant qu'on a de la place, dans les limites prévues, on va continuer à recevoir les patients de Bruxelles". A ce stade, pas question donc de refuser des patients transférés depuis des hôpitaux de la capitale.

Interdiction de refuser des patients

Au delà du cas spécifique d'Alost, les hôpitaux sont actuellement obligés d'accepter tout patient atteint du covid. Comme l'explique Philippe Devos, Président de l'Association Belge des Syndicats Médicaux, "Nous sommes dans le cadre d'un plan d'urgence national. D'habitude, ce sont les gouverneurs des provinces qui ont la possibilité d'imposer les admissions. Ici, le cas est différent. Avec le plan d'urgence national, c'est l'Etat fédéral qui impose ces admissions. Il peut même envoyer de force des patients dans un hôpital". 

Ce système a été imaginé suite à la catastrophe de Ghislenghien en 2004. C'est la première fois que ce plan national est activé d'une façon qui n'est pas ponctuelle. "Cela permet d'offrir à tous le belges l'accès le plus complet possible aux soins de santé. Ce n'est possible que si on transfert des patients entre hôpitaux", poursuit Philippe Devos.

Un impact non négligeable sur les finances communales

Le bourgmestre d'Alost a néanmoins raison sur un point. Un patient covid est une charge financière lourde à assumer, tant pour les hôpitaux que pour les communes.  "Chaque patient admis, c'est un pas de plus vers la faillite de l'hôpital", explique Philippe Devos, "et cela peu avoir un impact non négligeable sur les communes car ce sont elles qui sont censées venir en aide aux hôpitaux organisés en intercommunales".

Actuellement, un projet d'arrêté royal prévoit que ce soit le fédéral qui assume l'aide aux hôpitaux à la place des communes. Un nouveau mode de financement qui voir le jour suite à la mise en place du nouveau gouvernement. De quoi soulager sans doute les communes inquiètes de voir venir des patients covid sur leur territoire et assurer ainsi une meilleure solidarité médicale.

Reportage dans notre 19h30 de ce 6 octobre :

Le bourgmestre d Alost veut refuser d accueillir les malades dans les hôpitaux

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