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Patrimoine

Amazonie : les vestiges d’une mystérieuse civilisation découverts dans la jungle grâce à la technologie laser

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Au cœur de la forêt bolivienne, une équipe de scientifiques a mis au jour les vestiges d’un chapelet de villes étendu sur 4500 km carrés. C’est la première fois que les traces d’une civilisation urbaine sont trouvées en Amazonie, une zone réputée trop hostile que pour avoir hébergé de grandes populations. C’est grâce à la technologie dite du Lidar que ces vestiges ont été découverts.

Au total, ce sont 26 sites urbains interconnectés qui ont été identifiés au plus profond de la jungle amazonienne. Ils seraient l’œuvre d’une culture encore méconnue, la civilisation Casarabe, qui peuplait les plaines tropicales du sud-ouest de l’actuelle Bolivie, entre 500 à 1400 de notre ère, soit 1500 ans avant l’arrivée des conquistadors espagnols. Les Casarabes, dont on connaît encore peu de choses, auraient décliné non pas à cause de la colonisation, mais bien à cause de changements environnementaux.

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L’équipe d’archéologues a utilisé une technologie laser appelée Lidar ("Light Detection and Ranging") comme le précise l’article paru dans la revue scientifique Nature. Situés dans des zones difficilement accessibles, les vestiges sont cachés par une épaisse végétation, parfois enfouis sous des mètres de terres et de racines. Selon le Dr Heiko Prümers, coauteur de l’article, des fouilles physiques sur les différents sites auraient pu prendre près de 400 ans pour donner des résultats. C’est donc en réalisant une cartographie aérienne grâce à un laser embarqué dans des hélicoptères que les scientifiques ont pu précisément identifier les contours des structures dissimulées.

Un modèle en 3D d'une cité casarabe obtenu grâce à la technologie Lidar.

En envoyant des impulsions lumineuses vers le sol, le Lidar a été capable de discerner les restes des anciens centres urbains à travers les feuilles et les branches. C’est cette même technologie qui permet à certaines voitures de repérer les obstacles qui les entourent. Les images du relief ainsi obtenues ont été retravaillées numériquement afin d’en tirer des modèles 3D qui permettent d’identifier plus clairement ce qui est enfoui sous la canopée.

Et les découvertes ont de quoi surprendre. Des pyramides de 22 mètres de haut, des rues, des habitations, des enceintes fortifiées, de larges terrasses, des réservoirs d’eau potable et des canaux, voilà tout ce que la jungle bolivienne gardait jusqu’à présent à la vue du monde.

Les scientifiques estiment que la découverte prouve enfin que, contrairement à ce que l’on pensait, l’Amazonie était bien fortement peuplée lors de la période précoloniale. Mais elle renforce aussi les arguments pour une meilleure préservation de la région, en proie à une déforestation de plus en plus intense, qui menace non seulement la biodiversité, mais aussi toutes les traces archéologiques qui permettraient d’en savoir plus sur les peuples qui ont habité la plus grande jungle du monde. Protéger la forêt amazonienne, ce n’est pas seulement protéger la nature, c’est aussi protéger un pan de l’Histoire de l’humanité dont on commence à peine à identifier les contours.

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