Guerre en Ukraine

Andriy participe à la résistance contre l’invasion russe à Lviv et demande "à genoux" de l'aide militaire

Andriy

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Un témoignage émouvant, en pleine guerre entre la Russie et l’Ukraine : celui d’Andriy, un Ukrainien de 39 ans. Il est arrivé à Liège à 14 ans, a fait ses études à l’université (en droit et sciences politiques), a travaillé à l’Awex, l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers, avant de retourner vivre en Ukraine. Il s’y est marié et a une petite fille de 10 mois. Il a mis ses proches à l’abri et se prépare à affronter l’armée russe si elle entre un jour dans sa ville, Lviv, près de la frontière polonaise.

"Lviv, pour l’instant, c’est une sorte de hub humanitaire et diplomatique. Il n’y a pas encore de combats dans la ville même si, au premier jour de guerre, le 24 février, des missiles russes ont été lancés dans la région. Mais tous les jours, les sirènes anti-bombardement retentissent. Donc tous les jours, les gens se cachent dans les abris anti-bombes de leurs bâtiments".

Sur place, la résistance s’organise en vue d’un éventuel assaut des troupes russes : "Lorsqu’on regarde les centres d’embrigadement à l’armée et les centres d’embrigadement pour la défense territoriale de la ville, il y a des files. Il y a même une blague qui dit que les Ukrainiens donnent des pots-de-vin afin qu’on les prenne dans l’armée. Car il y a trop d’Ukrainiens qui veulent défendre leur pays, mais il n’y a pas assez de place dans l’armée, ni dans la défense territoriale. Il n’y a pas assez d’armes à donner aux Ukrainiens pour défendre leur pays. La ville est vraiment mobilisée. Et pas que Lviv. Toutes les villes."

Andriy a mis ses proches à l’abri pour se consacrer à l’effort de guerre "J’ai ramené ma femme et ma fille à 10 kilomètres de la frontière polonaise, dans un petit village, et moi, je suis revenu à Lviv, et j’essaye d’aider mon peuple ukrainien à combattre les Russes. Dans mon immeuble, au sous-sol, il y a un QG de fonds humanitaires, et j’y suis de manière volontaire tous les jours. J’aide à décharger et charger les camions de médicaments et de nourriture. Et ces camions partent de Lviv dans les villes où il y a la guerre et où les gens souffrent".

"De mon point de vue, l’aide humanitaire est suffisante" estime Andriy. "Je tiens à remercier particulièrement la Belgique et toute l’Europe pour cette aide qui est incroyable. Par contre, ce que j’aimerais bien demander, même à genoux, c’est une aide militaire. Elle est insuffisante pour combattre cette machine de guerre qu’est la Russie. La meilleure aide que l’OTAN puisse accorder à l’Ukraine, c’est de fermer l’espace aérien pour que, ni les avions, ni les missiles russes, ne puissent nous attaquer".

Sur le même sujet : JT du 08/03/2022

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