Patrimoine

Angleterre : cet homme a été crucifié durant la période romaine, un cas unique en Europe du nord

Un clou planté dans un os de talon humain. Voilà la découverte faite en Angleterre, et qui serait l’une des rares preuves que le crucifiement était plus que probablement utilisé dans la région. C’est la toute première fois que l’on trouve une preuve de l’utilisation de cette torture romaine en Europe du Nord.

 

La tombe du supplicié fouillée par un archéologue
La tombe du supplicié fouillée par un archéologue Albion Archaeology

On connaît bien la pratique. Le crucifiement (et non "crucifixion", terme généralement réservé au supplice de Jésus Christ et à ses représentations dans l’art) était une condamnation cruelle assez répandue dans le monde antique, et pas seulement chez les Romains. Perses, Grecs, Celtes, Bretons ou Scythes l’auraient aussi pratiqué.

Dans l’empire romain, le supplice était généralement réservé aux non-citoyens. C’est pourquoi on trouve de nombreux cas dans les régions dominées par la puissance antique, comme la Palestine où s’est déroulée la plus connue d’entre toutes. Parfois, des citoyens romains étaient condamnés à finir sur une croix, lorsque leur crime était si grave qu’on considérait qu’ils ne méritaient plus la citoyenneté. Heureusement, cette condamnation barbare a été interdite par l’empereur Constantin, vers l’an 312.

Jusqu’ici, on n’avait jamais trouvé de preuve de cette pratique en Europe du Nord. Les traces archéologiques des crucifiements sont d’ailleurs très rares, quel que soit l’endroit. C’est dans le Cambridgeshire, dans la localité de Fenstanton, que des archéologues de la société privée Albion Archeology ont mis au jour 5 petits cimetières romains. Lors corps trouvé dans l’un d’eux indique donc que même dans des provinces aussi isolées que la Grande-Bretagne, la torture était appliquée.

Vue aérienne du site archéologique
Vue aérienne du site archéologique JJ Mac Ltd

Baptisé "Homme de Fenstanton", le squelette a été découvert en 2017, lorsque la société effectuait des fouilles préalables à un chantier de construction d’habitations. Les résultats des recherches viennent d’être publiés dans le magazine British Archaeology, et font état d’une observation originale, qui n’avait pas été remarquée lors de l’exhumation du corps.

Le squelette du crucifié

Le jeune homme, qui avait entre 25 et 35 ans au moment de sa mort, a en effet un clou de fer planté dans un os de la cheville, le calcanéum. Si les archéologues ne l’ont pas tout de suite trouvé, c’est parce qu’il dépassait très peu, et était entouré de boue. On le sait bien, le crucifiement consistait à clouer le supplicié sur "une croix", qui est en fait en forme de T, provoquant ainsi sa lente agonie. L’homme retrouvé devait probablement être un esclave, car de nombreux signes d’infections et d’inflammations ont été identifiés grâce à des analyses ostéologiques, laissant supposer qu’il a longtemps porté des liens ou des chaînes.

Le clou planté dans le calcanéum de la victime
Le clou planté dans le calcanéum de la victime Albion Archaeology

Le corps est vieux de 1900 ans, en pleine période romaine, donc. Les petits cimetières ont été retrouvés non loin d’une ancienne voie, la Via devana qui reliait les villes qui sont aujourd’hui Cambridge et Godmanchester. D’autres objets, dont des broches en alliage de cuivre, ont été découverts aux environs du corps, et indiquent que le site devait être une petite ville ou un village.

Broche en forme de cheval et cavalier en alliage de cuivre émaillé
broche en alliage de cuivre émaillé
broche en alliage de cuivre émaillé
broche en alliage de cuivre émaillé
Haut d’autel votif en alliage de cuivre émaillé
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