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L'atelier des muses

Anne-Louise Brillon de Jouy, compositrice française du XVIIIe siècle et grande amie de Benjamin Franklin

02 juin 2022 à 15:24Temps de lecture2 min
Par Hélène Michel

L’année dernière, sortait en première mondiale un enregistrement dédié à une compositrice française du XVIIIe siècle : Anne-Louise Brillon de Jouy. Jusque-là on connaissait très peu voire pas du tout sa musique. En revanche, son visage nous est familier, car il a été peint par Fragonard, on la voit vêtue d’une robe soyeuse ornée d’une grande collerette, en train de feuilleter un cahier de musique devant un clavecin à double clavier. La toile, fut très longtemps appelée "L’Étude" avant l’identification de son sujet en 2011.

La petite parisienne était la fille d’un officier des finances royales, et comme dans toutes les bonnes familles elle a appris le clavecin. A 19 ans, elle épouse noble magistrat de vingt-deux ans son aîné, Jacques Brillon de Jouy.

A la tête d’une petite fortune, elle tient très régulièrement des salons musicaux, dans le Marais à Paris et dans sa propriété de Passy, des salons qui attirent les esprits éclairés et cultivés, et où elle est souvent le centre de l’attention, en tant que virtuose du clavecin. Boccherini assiste souvent à ces soirées musicales et lui dédiera Six Sonates pour pianoforte et violon op. 5.

Il s’est exprimé à son propos en disant ceci : "Elle est l’une des plus grandes joueuses de clavecin en Europe. Cette dame joue les morceaux les plus difficiles avec une grande précision. Elle compose également, et elle a eu l’obligeance de jouer plusieurs de ses propres partitions au clavecin et piano-forte, accompagnée au violon par André-Noël Pagin, le meilleur élève de Tartini en France".

Anne Louise Brillon de Jouy va devenir aussi une grande amie de Benjamin Franklin, qui avait baptisé son salon de "petit opéra", et avec qui elle va entretenir une grande correspondance après avoir fait sa connaissance pendant son séjour à Paris, lors de la Révolution américaine. Il lui offrira un Harmonica de verre qu’il avait lui-même fabriqué.

C’est son amitié avec Franklin qui va susciter un l’intérêt pour cette compositrice de la part de l’American Philosophical Society, qui a ainsi découvert sa bibliothèque musicale, riche de quelque 400 ouvrages.

A ce jour, on en a répertorié 88 qui sont de sa main. Et l’année dernière, un album est sorti reprenant ses sonates pour piano, enregistrées en première mondiale par le pianiste Nicolas Horvath, un disque qui a le mérite de nous faire découvrir cette compositrice attachante du siècle des lumières.

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Anne-Louise Brillon de Jouy

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