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Ecologie

Antoine Le Potagiste : "On peut espérer récolter 5 kg de légumes au mètre carré quand on lance son propre potager"

Antoine Le Potagiste : "On peut espérer récolter 5 kg de légumes au mètre carré quand on lance son propre potager".
28 mars 2022 à 11:00Temps de lecture5 min
Par RTBF avec AFP

Avec l'arrivée du printemps, vous vous lancez dans la culture de votre propre potager. Objectif : déguster vos premières tomates, poivrons, courgettes et autres radis.

Pour vous accompagner dans cet apprentissage, on a interrogé le Youtubeur Antoine Le Potagiste, qui vient de publier chez Albin Michel "Un potager (super) productif", une compilation de ses astuces pour récolter 2.000 euros de légumes bio par an. Tout un programme ! 

 

Quelles cultures conseillez-vous aux débutants qui se lancent ? 

Les radis ! C'est une culture jubilatoire. En un mois, vous observez déjà les effets de votre travail. Les germes apparaissent en quatre jours ! Nous abordons en ce moment la saison idéale pour se lancer. Sinon, vous pouvez tenter les petits pois. Et vous verrez ainsi la différence entre le goût des petits pois de grandes surfaces et ceux de votre potager. Vous pouvez aussi planter des petites mottes de salades. Faites vous-mêmes vos pommes de terre ! Plantez celles qui ont des germes de deux à trois centimètres. On les met entre dix à quinze centimètres de profondeur, avec le germe orienté vers le haut. Pour une pomme de terre plantée, on peut espérer récolter un kilo ! De façon générale, mieux vaut commencer avec une dizaine de légumes et en ajouter un de plus chaque année.

Conseillez-vous de constituer un potager à partir de plants ou de semer ses propres graines ? 

Les plants, c'est plus facile parce qu'une partie du travail a déjà été réalisé. Tout dépend de la taille du potager. Pour une petite surface, cela ne vaut pas le coup de préparer ses propres plants. Cela impose de s'équiper avec du matériel. A cette période de l'année, nous ne jouissons pas suffisamment de lumière pour alimenter les plants. On doit donc complémenter pour optimiser la culture. Cela peut revenir cher... Aussi, les plants sont intéressants pour les cultures d'été comme les poivrons, les tomates ou même les cucurbitacées. Par contre, il y a quelque chose de très fascinant dans le fait de réaliser ses propres plants, en partant d'une graine de tomate et observer la petite plante pousser...

Quel budget faut-il prévoir pour constituer son premier potager ? 

Si l'on suppose que vous disposez déjà de l'équipement de base, c'est-à-dire un tuyau d'arrosage et un râteau plat, vous n'avez pas besoin de grand-chose. Il est nécessaire d'utiliser une fourche à bêcher ainsi que le fameux lot de trois outils comprenant la petite pelle, la griffe et la serfouette, utiles pour la plantation. Ayez aussi un sécateur... et n'oubliez pas votre chapeau pour le travail sous le soleil cet été ! Si vous faites pousser des tomates, vous aurez besoin de tuteurs en forme de spirales. Comptez un à deux euros par tuteur. Je vous laisse faire le calcul si vous prévoyez une dizaine de plants de tomates... 

Réussir son potager demande aussi du temps. Quel planning faut-il prévoir pour espérer obtenir des résultats ? 

En hiver, vous n'avez pas grand-chose à faire. Entre mars et mai, il faut mettre en place toutes les cultures au jardin. Généralement, on consacre les vacances de Pâques à ces installations. Quand l'été arrive, votre travail consistera à arroser, entretenir les cultures et récolter. 

Quelle est la surface idéale pour envisager un potager comme un moyen de se substituer à nos courses en fruits et légumes ? 

Les maraîchers professionnels produisent dix kilos au mètre carré. Quand on est un particulier, on peut espérer faire 5 kilos au mètre carré si l'on se débrouille bien et si la météo n'est pas catastrophique. Par ailleurs, il faut compter une heure de travail pour un mètre carré de potager sur une année complète. 

Est-ce que l'installation d'un potager sur un balcon change la donne ? 

Il s'agira dans ce cas davantage d'un loisir. Dans cette configuration, il est intéressant de miser sur les légumes qui sont onéreux en magasin, comme les tomates cerises bio ou le piment, que l'on peut cultiver en jardinières. Par contre, le balcon doit être suffisamment exposé au soleil. Attention toutefois à vérifier le poids des cultures pour qu'il n'y ait pas de surcharge. Par ailleurs, la culture en pot peut être contraignante car elle demande beaucoup de surveillance. Le sol a tendance à vite sécher. Il faut donc arroser régulièrement et suffisamment. Si on arrose trop abondamment, l'eau a tendance à couler en dessous du pot et emmène toute la richesse nutritive contenue dans la terre. Et s'il n'y a pas assez d'eau, la plante a soif... Mieux vaut mettre en place un goute à goutte pour éviter ce genre de situations. 

En matière d'arrosage, on ne sait d'ailleurs jamais très bien quelle quantité verser. Comment savoir si on a versé suffisamment d'eau ? 

Rappelez-vous qu'il est toujours plus facile d'ajouter de l'eau que d'en enlever. Lorsque vous versez trop d'eau sur un sol, il n'y a plus d'oxygène et les racines ont du mal à respirer. Elles sont asphyxiées. Votre terre doit avoir une texture humide sans être détrempée. Quand vous la pressez, l'eau ne doit pas dégouliner. A l'inverse, il faut être assez généreux pour que la terre ne ressemble pas à du sable. 

Il faut aussi prévenir les débutants quant à l'apparition, à un moment ou un autre, des limaces. Que doivent-ils faire pour ne pas se décourager ? 

La méthode qui marche le mieux, c'est le potager sur sol nu. Vous dégagez bien votre sol, et de façon relativement large. Il faut le travailler tous les ans pour mettre à jour les œufs de limaces et éviter qu'elles n'aient aucun endroit où se cacher. Les limaces cherchent des cachettes la journée pour sortir la nuit. Il existe des solutions naturelles consistant à fabriquer des faux abris, à l'aide de boîtes d'oeufs par exemple. Et si vous vous en sentez le courage, vous pouvez sortir à la tombée de la nuit pour les ramasser... Si vous répétez les sorties, deux à trois soirs de suite, vous ne devriez plus rencontrer de problème. Sinon, la dernière méthode, c'est l'anti-limaces à base de phosphate de fer. C'est efficace aussi contre les escargots. 

Quels sont les autres écueils potentiels auxquels on peut faire face ? 

A chaque légume est associé sa liste de petits ravageurs. La culture des poireaux et des carottes engendre souvent un problème avec les mouches. Le filet anti-insectes constitue la meilleure méthode. C'est un équipement qui coûte relativement cher. Dans mon potager, j'ai donc accepté que mes carottes soient attaquées par les mouches et donc qu'elles soient moches. Les laitues peuvent être attaquées par des bestioles comme les larves de hannetons, qui grignotent les racines. Pour éviter ce genre de situation, le mieux c'est de "grattouiller" les dix premiers centimètres de terre avant la plantation. 

 

"Un potager (super) productif  : comment être efficace au potager en s'inspirant des maraîchers", Antoine Le Potagiste (Albin Michel)

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