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"Antoinette dans les Cévennes" : l'escapade en solitaire de Laure Calamy

Laure Calamy dans "Antoinette dans les Cévennes"
23 mai 2022 à 05:04 - mise à jour 23 mai 2022 à 07:35Temps de lecture3 min
Par Christine Pinchart & Noémie Jadoulle

Vingt ans après son premier film, Les Autres Filles, Caroline Vignal signe en 2020 son deuxième long métrage : Antoinette dans les Cévennes, une comédie que Laure Calamy porte avec audace et naturel. Un film à (re)découvrir lundi 23 mai à 20h40 sur La Une et en replay pendant 30 jours sur Auvio.

Cela fait des mois qu’Antoinette attend l’été et la promesse d’une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir. Lorsque celui-ci annule leurs vacances pour partir marcher dans les Cévennes avec sa femme et sa fille, Antoinette ne réfléchit pas longtemps : elle part sur ses traces ! Mais à son arrivée, point de Vladimir - seulement Patrick, un âne récalcitrant qui va l'accompagner dans son singulier périple…

Le film fait partie de la Sélection Officielle Cannes 2020 et est porté par Laure Calamy (inoubliable Noémie de Dix Pour Cent), Benjamin Lavernhe (Le Goût des merveilles) et Olivia Côte (Scènes de ménages).

Sa diffusion sur La Une le 23 mai prochain est l'occasion de se replonger dans un entretien avec sa réalisatrice Caroline Vignal.

ANTOINETTE DANS LES CÉVENNES Bande Annonce (2020) Laure Calamy, Comédie

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Qu'est-ce qui vous a entrainé dans ce paysage ? C'est un lieu qui vous tenait à cœur pour le décor d'un film ?

Caroline Vignal : Oui, complètement. C'est vraiment les lieux qui ont été à l'origine de ce projet. J'ai découvert les Cévennes il y a dix ans en allant marcher avec mon compagnon et ma fille, qui avait dix ans à l'époque. On avait loué un âne pour la motiver, pour qu'elle avance (rires). J'ai eu un énorme coup de foudre pour cette région, pour cette immensité, ce côté où on rencontre très peu de monde. C'est un des coins de France qui est le moins peuplé, et qui est resté très intact. On dormait chez des gens tous les soirs, c'est aussi quelque chose qui est dans le film, car il n'y a pas vraiment d'hôtel dans ce coin-là. On dîne avec des gens différents tous les jours, et ça aussi, c'est quelque chose que j'ai adoré. Le projet s'est nourri de ces voyages que j'ai fait il y a déjà un moment. 

On ne rencontre pas beaucoup de monde, mais très vite, les gens se lient et se racontent leurs histoires. Il y a très vite une intimité, voire une curiosité qui s'installe.

C.V. : C'est peut-être parce que justement on sait qu'on ne se reverra probablement pas. Ce sont des rencontres fugaces, mais qui peuvent être parfois très drôles, mais aussi parfois très profondes. On peut se dire des choses qu'on ne dirait pas à des gens qu'on connait. C'est ça que j'adore dans ce genre d'endroit. J'aime les rencontres sans lendemain.

2020/CINEART

Deux personnages essentiels dans ce film : la randonneuse et son compagnon qui est un âne. J'imagine qu'il y avait plusieurs ânes sur le tournage pour jongler entre toutes ces scènes essentielles ? 

C.V. : On avait l'obligation d'en avoir deux pour ménager "l'acteur principal". L'un devait être l'âne principal, et l'autre la doublure. Il se sont avérés être très complémentaires, car ils n'avaient pas du tout la même personnalité, ni les mêmes qualités. Donc ils n'ont pas joué les mêmes choses dans le film. L'un était plus calme et jouait plus les scènes d'écoute ou d'émotion. Et l'autre était beaucoup plus vif et jouait des choses plus techniques. Il était beaucoup plus dressé pour faire du spectacle, donc il était capable de faire tout un tas de choses extraordinaires. Ils se complétaient donc très bien, et ils s'aidaient aussi. Les ânes sont très grégaires et ont envie de se retrouver. On s'appuyait parfois sur l'un pour faire avancer, ou au contraire pour immobiliser, celui qui était dans le cadre de la caméra.

Caroline Vignal, réalisatrice d'"Antoinette dans les Cévennes"

L'interview de Christine Pinchart

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Laure Calamy, pour beaucoup de gens, c'est Dix Pour Cent, ce personnage un peu naïf. Ici, un peu aussi au début, mais c'est surtout un personnage malmené qui va beaucoup apprendre.

C.V. : Oui, elle part en pensant retrouver son amant, qui est un homme marié et la plante au dernier moment. Ne le trouvant pas, elle va devoir marcher seule. Elle affronte la solitude. Elle ne peut pas communiquer avec l'extérieur. Elle va apprendre sur elle-même à travers ce voyage. 

Oui, et elle s'affirme aussi.

C.V. : Tout à fait, elle s'affirme, elle se redresse. À un moment du film, elle assume qui elle est. Au début, elle a un côté un peu godiche, et puis petit à petit, elle se redresse, elle n'a plus honte, elle est même fière de qui elle est et plus rien ne lui résiste. Souvent quand on est une femme seule, et encore plus si on est une femme seule qui a une liaison avec un homme marié, on subit des jugements. Elle est très libre et le devient de plus en plus, sans rien imposer. Elle n'embête personne, elle fait son chemin, et elle se libère de plus en plus au fur et à mesure du film. 

Antoinette dans les Cévennes, Séance VIP du lundi 23 mai à 20h40 sur La Une et Auvio, et en replay pendant 30 jours sur Auvio.

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