Régions Brabant wallon

Apprendre à nager avec Promosport : l’ASBL renforce son réseau de piscines et propose un modèle qui séduit les communes

La piscine Promosport d'Eghezée, inaugurée en 2021.

Depuis de nombreuses années, le nom de Promosport résonne aux oreilles des parents à la recherche d’activités pour leurs enfants. L’ASBL propose des stages et de l’accueil extra-scolaire, mais la plus grosse part de son activité, ce sont les cours de natation. Elle en organise notamment pour 180 écoles.

Au début, Promosport a loué des créneaux horaires pour ses cours dans des piscines existantes, avant d’acquérir ou de construire ses propres bassins, ouverts de 8h à 22h, sept jours sur sept. Elle en a douze aujourd’hui : six se trouvent en Brabant wallon, les autres dans la Hainaut, en province de Namur, à Liège et à Bruxelles. La petite dernière, reprise juste avant les grandes vacances, c’est la piscine AquaNil située à Nil-Saint-Vincent.

De petits bassins faciles à chauffer

Promosport ne gère pas directement ces piscines. C’est une société séparée, la SRL Aquasports, qui s’en occupe. L’acquisition et la rénovation de bassins existants se fait en fonction des occasions qui se présentent. Mais le modèle désormais privilégié, c’est la construction de nouvelles infrastructures.

"Le modèle idéal qu’on est en train de développer, c’est un bassin de seize mètres sur six chauffé à 32 degrés, qui permet d’accueillir deux classes en même temps, explique Denis Detinne, le fondateur de Promosport et Aquasports. Il y a deux profondeurs, une de septante centimètres pour les tout petits et une de 135 centimètres qui nous permet aussi de faire de l’aquafitness."

En quoi ce modèle est-il idéal ? Pour l’apprentissage et pour donner le goût de la natation, pas besoin de grandes piscines très profondes. Des bassins plus petits, avec moins d’eau à chauffer, suffisent amplement.

"Des bassins comme ceux-là, ça coûte six fois moins cher à chauffer qu’un bassin classique, poursuit Denis Detinne. On est aussi sur de nouveaux bassins, avec des nouvelles technologies, des panneaux, de la ventilation double-flux et plein d’autres choses qu’on met en place pour récupérer un maximum d’énergie. Si vous n’avez pas ça aujourd’hui, c’est un gouffre."

Pour réduire encore les coûts, il n’y a pas de guichet pour les tickets. On vient à la piscine pour un cours payé à l’avance, tout se règle via Internet.

Une solution clé sur porte

Dans cette configuration, une piscine coûte environ deux millions d’euros. Voilà qui suscite l’intérêt d’un nombre croissant de communes, qui n’ont pas les moyens de se payer une piscine publique ou qui peinent à faire fonctionner un bassin existant, toujours déficitaire. Promosport leur apporte une solution clé sur porte, pour un coût raisonnable.

"On a beaucoup de projets pour l’instant. Ce n’est pas toujours évident, il y a souvent pas mal de contraintes, mais je pense qu’on peut devenir un partenaire essentiel aux communes. Soit une commune nous vend un terrain en zone d’équipement communautaire, on construit et on exploite alors nous-mêmes. On établit une relation privilégiée avec la commune pour les cours de natation, ce qui nous garantit un certain taux d’occupation. Soit on travaille avec un droit d’emphytéose pour trente ans. On demande alors à la commune de payer 20% des travaux, et on crée une convention qui nous permet d’avancer dans le temps de manière sereine."

Pour le patron de Promosport, c’est en développant ce genre de projets qu’on répondra au manque de piscines qui empêche de nombreux enfants d’apprendre à nager. Selon lui, il faut maintenir quelques grands bassins pour la nage sportive et constituer un réseau de petites piscines facilement accessibles, près des écoles notamment.

"En adossant une piscine à une école, les enfants peuvent venir à pied. On évite ainsi le coût du transport, qui est souvent deux fois plus élevé que le prix d’entrée de la piscine."

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