Energie

Approvisionnement en gaz : Athènes s'oppose à la réduction de 15% de la consommation de gaz proposée par l'UE

Extraordinary EU Energy Ministers Council

© Thierry Monasse

21 juil. 2022 à 15:18Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Anthony Roberfroid

La Grèce s'est déclarée à son tour jeudi opposée au plan proposé mercredi par la commission européenne visant à diminuer de 15% la demande européenne de gaz pour surmonter la chute des livraisons russes.

"Le gouvernement [grec] n'approuve pas, par principe, la proposition de la Commission [européenne] de réduire de 15% sa consommation de gaz naturel", a déclaré en conférence de presse le porte-parole du gouvernement Yannis Economou.

La Commission européenne a demandé mercredi aux Vingt-Sept de réduire volontairement leur demande de gaz au cours des huit prochains mois, en dévoilant un arsenal de mesures censé permettre à l'UE d'affronter une éventuelle interruption des approvisionnements russes.

Ce plan, qui doit être discuté le 26 juillet lors d'un Conseil européen, prévoit concrètement que chaque pays fasse "tout son possible" pour réduire d'au moins 15% entre août 2022 et mars 2023 sa consommation de gaz par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

La Grèce, dans son opposition à ce plan, a rallié la position officiellement exprimée par le Portugal et l'Espagne.

Le ministre grec de l'Energie Kostas Skrekas a pour sa part affirmé dans un entretien à une radio locale que la Grèce rejoignait ainsi le groupe d'États-membres opposés à la proposition de Bruxelles. Il a cité l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la France, Malte et Chypre parmi les États réfractaires.

Sachant qu'environ 70% du gaz importé par la Grèce sert à la production d'électricité, a expliqué le ministre, une telle réduction induirait très vraisemblablement des perturbations dans l'approvisionnement des particuliers comme des entreprises.

"Même si nous réduisons de 15% notre consommation, ça ne veut pas dire pour autant que plus de gaz ira en direction de l'Allemagne", largement dépendante des livraisons russes, a insisté le ministre grec.

"Nous désapprouvons non seulement le caractère obligatoire de cette mesure, mais aussi le niveau même de réduction préconisé par Bruxelles", a ajouté M. Skrekas.

La Grèce a déjà, a-t-il insisté, pris un certain nombre de mesures pour limiter sa consommation de gaz, notamment en demandant au groupe public PPC de doubler sa production de lignite et se réserve, si besoin, l'option de convertir au diesel cinq centrales à gaz.

Et le ministre grec d'ajouter: "c'est tout de même curieux la manière dont la Commission a fait son annonce sans concertation sérieuse au préalable".

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