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Après avoir pointé le transporteur Jost du doigt, la CSC en appelle aux autorités

Après avoir pointé le transporteur Jost du doigt, la CSC en appelle aux autorités

Après avoir accusé le transporteur routier Jost, basé à Herstal, de dumping social, la CSC demande vendredi aux autorités belges d'intervenir "d'urgence" pour faire respecter la législation sociale belge que le syndicat chrétien estime violée.

Selon la CSC Transcom, qui a décidé de faire porter l'affaire devant la Justice après plusieurs semaines d'une enquête réalisée par ses soins, le transporteur Jost affrète tous les 15 jours, le dimanche matin, un avion entre Bucarest et Maastricht afin d'acheminer des travailleurs roumains jusqu'en Belgique. Une fois arrivés à Maastricht, ces travailleurs sont emmenés par autocar dans des hangars sur le site de Herstal, près de Liège, dénonce la CSC. "On les retrouve ensuite au volant de camions du groupe sur les routes belges mais également internationales".

Le syndicat accuse le transporteur de concurrence déloyale et de dumping social.

Des accusations réfutées par le groupe Jost qui parle de diffamation et réclame le bénéfice de la présomption d'innocence. Pour l'entreprise, les travailleurs acheminés jusqu'à Maastricht rejoignent de là leurs différents lieux de chargement en Europe, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique en vue d'exécuter les missions de transports internationaux qui leur sont confiées.

Ce vendredi, la CSC retape une nouvelle fois sur le clou et estime, jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne à l'appui, que "tous les chauffeurs routiers (roumains, polonais, bulgares, ...) travaillant habituellement pour l'entreprise Jost en Belgique ou à partir de la Belgique doivent respecter la réglementation belge aussi bien au niveau des conditions de travail que de la sécurité sociale."

Le syndicat chrétien demande aux autorités belges "d'intervenir d'urgence" et de faire en sorte que tous les chauffeurs travaillant dans les conditions évoquées "soient déclarés sous contrat belge et sous sécurité sociale belge et ce aussi dans l'hypothèse d'une arrivée de chauffeurs roumains ce dimanche 13 septembre 2020".

La CSC Transcom se pose en outre "la question des chauffeurs sous contrat belge et ayant eu du chômage économique, en Belgique, ces derniers mois pendant que des chauffeurs arrivaient d'autres pays ainsi que la problématique de la santé-sécurité en cette période de Covid-19."

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