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Après la crise sanitaire, la natalité belge redémarre, sauf à Bruxelles

A Bruxelles, la natalité est restée légèrement en baisse (-1%) en 2021 par rapport à 2020.

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21 sept. 2022 à 14:02Temps de lecture2 min
Par Véronique Fievet

En 2021, les Belges se sont enfin remis à faire des bébés ! Plus 3,7% par rapport à 2020, soit très précisément 117.914 naissances au total, nous apprenait ce lundi Statbel, l’office fédéral des statistiques. Une reprise des naissances constatées en Flandre et en Wallonie mais pas à Bruxelles où la natalité reste légèrement en baisse (-1%). Comment expliquer ces chiffres à la traîne alors que le taux de natalité enregistré à Bruxelles a longtemps fait envie aux autres régions ?

Une baisse de la natalité amorcée depuis plusieurs années

Un premier élément de réponse nous est fourni par le CEpiP (Centre D’Epidémiologie Périnatale), qui dans son rapport de 2020 observe déjà "Une diminution de 9,8% du nombre de naissances en Région bruxelloise entre 2012 et 2020". Et contrairement à ce a parfois été entendu, il n’y a pas eu de baby-boom après la pandémie de covid. A titre d’exemple, la maternité de l’hôpital Saint-Pierre a enregistré 3110 naissances en 2019 et (seulement) 2634 en 2021. Des chiffres que Bénédicte Goubau, la responsable du pôle "mère enfant" dans cet hôpital explique : "La précarité que connaissent beaucoup de familles bruxelloises, les difficultés de trouver un logement, de mettre les enfants à l’école, la fragilité des familles, tout cela ne donne pas envie de faire des bébés. Alors, bien sûr, ajoute-t-elle, le covid en 2020 et la crise énergétique actuelle n’ont pas arrangé les choses. Au contraire, les familles qui se débrouillaient jusqu’ici, sont aussi en train de tomber dans la précarité."

A la maternité, l’âge moyen des mères est de 32 ans

Selon le centre interuniversitaire d’épidémiologie périnatale, l’âge des femmes qui accouchent à Bruxelles a aussi augmenté entre 2011 et 2019, passant de 30,9 ans à 32,1 ans. C’est aussi une moyenne plus élevée qu’en Wallonie tout comme la proportion de mères âgées de 40 ans (7,2% à Bruxelles contre 3,7% dans les autres régions). Les raisons de ces grossesses tardives sont évidemment à trouver ailleurs que dans la précarité économique ou sociale mais elles réclament une attention accrue de la part des soignants. Or c’est un autre constat que font les spécialistes : la santé des mamans bruxelloises est de plus en plus préoccupante.

Trop de futures mères souffrent de surpoids, de diabète ou d’hypertension

C’est un chiffre qui ressort aussi des études épidémiologiques. En région bruxelloise, 40% des futures mères sont désormais en surpoids, voire obèses, et 1 sur 6 souffre de diabète. Alors désormais, à l’hôpital Saint-Pierre, plus que le faible nombre de naissances, c’est la santé des mères qui inquiète Bénédicte Goubau :"Une partie non négligeable de nos patientes souffrent de maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète, l’obésité, or souvent, elles vont moins bien suivre leur santé car leurs priorités sont ailleurs. Et malheureusement, on sait que cela aura un impact sur les enfants à naître et sur leur vie future". Un constat qui interpelle à Bruxelles où 40% des enfants sont exposés au risque de pauvreté.

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