Belgique

Après la culture, d’autres secteurs s’engouffrent dans la brèche : bowling, casinos, etc. s’apprêtent à se présenter en urgence au Conseil d’Etat

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30 déc. 2021 à 15:12 - mise à jour 30 déc. 2021 à 19:07Temps de lecture3 min
Par Patrick Michalle

Après la suspension par le Conseil d’Etat des dispositions imposant la fermeture du secteur culturel, d’autres secteurs concernés par les décisions prises au Codeco du 22 décembre veulent obtenir une décision similaire. 

Trois secteurs sont principalement concernés : celui du récréatif qui regroupe notamment l’univers des jeux de hasard (casinos, paris sportifs), secteur aujourd’hui toujours fermé ; celui des sports amateurs et professionnels, qui peuvent continuer à exercer leurs activités mais sans public ; et enfin le secteur Horeca qui est concerné car la pratique des jeux (billards et bingos) n’est plus autorisée dans l’enceinte des cafés depuis le dernier Codeco.

Bowling et casinos attaquent sur plusieurs fronts : administratif, civil et politique

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Les premiers à avoir introduit un recours contre la fermeture obligatoire de leur activité sont vingt-cinq propriétaires de centres de bowling, soutenus par la Fédération Sportive belge de Bowling (FSBB). 

S’apprêtent à les suivre, les casinos mais avec une stratégie graduelle, qui verrait le casino de Bruxelles, le plus mal en point, déposer un recours en urgence probablement vendredi tandis que les autres casinos du pays opteraient pour une mise en demeure au gouvernement fédéral pour qu’il change sa copie et en parallèle une action en justice devant le tribunal civil de Bruges.

Principaux arguments évoqués par les gestionnaires de casinos : l’application stricte des règles de contrôle (CST, masques, distance sociale) avec plusieurs inspections sans problème jusqu’ici ; les investissements consentis en matière de respect des normes sanitaires ; et l'absence d'éléments qui démontreraient la dangerosité de ces lieux récréatifs.

Le monde sportif veut récupérer son public là où les mesures sanitaires sont respectées

Du coté des fédérations de sports amateurs ou professionnels, les réactions sont sensiblement différentes selon qu’on privilégie encore le dialogue avec son ministre de tutelle ou qu’on souhaite forcer une décision par voie de recours.

L’Association interfédérale du sport francophone (AISF) plaide pour un retour du public dans le secteur sportif, privé de spectateurs à la suite des décisions du Comité de concertation (Codeco) depuis fin novembre.

"Le monde sportif comprendrait mal et contesterait le fait que la présence du public selon certaines jauges (avec le respect des mesures sanitaires comme le contrôle du CST, le port du masque, la ventilation, etc.) ne lui soit pas également applicable", indique l’association dans son dernier communiqué.

Basket et Volley jouent sans public depuis fin novembre

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Du coté des sports en salle, les deux ligues de basket et de volley rappellent que "les deux sports ont investi des dizaines de milliers d’euros l’année dernière dans des protocoles spécifiques aux salles afin de pouvoir organiser des matchs en toute sécurité".

"Nous avons l’impression de ne pas être entendus pour le moment, et ne voyons pas la logique de certaines décisions, que nous vivons comme discriminatoires et disproportionnées par rapport à ce qui est encore possible dans d’autres secteurs", indique Maarten Bostyn (Pro Basket League), et de préciser que toutes les options sont à l'étude après le récent arrêt du Conseil d’Etat.

En extérieur, il faut revoir la jauge pour certains événements

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Même raisonnement du côté de la ligue vélocipédique belge, où le président Tom Van Damme a déclaré sur les ondes de radio 1 qu'il estime qu’on pourrait très bien sur base de l’argumentaire du conseil d’Etat autoriser du public lors des prochaines courses de cyclocross: "un parcours de cyclocross s’étend sur plusieurs kilomètres et les spectateurs peuvent facilement se placer à bonne distance de sécurité des deux côtés du parcours. On pourrait fonctionner avec une jauge maximale de 5000 spectateurs. Sans cela, les organisateurs ne peuvent pas s’en sortir".

Bien peser ses chances d’aboutir car le Conseil d’Etat peut coûter cher !

Mais avant d’introduire une procédure en urgence devant le Conseil d’Etat, mieux vaut bien peser ses chances d’aboutir car la démarche peut s’avérer onéreuse en cas d’échec.

Aux 200 euros de frais d’introduction de la requête, il faut compter ses frais d’avocat qui varient selon le tarif pratiqué (de 70 à 500 euros/heure) et le temps passé sur le dossier, sans tenir compte de l’indemnité de 700 euros à payer si l’action n’aboutit pas au résultat escompté.

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