Belgique

Après le pic de 2021, le recours au revenu d’intégration se tasse

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Par Carl Defoy

Le RIS, revenu d’intégration sociale, c’est la dernière bouée à laquelle s’accrocher lorsqu’on n’a plus aucune autre ressource. La croissance du nombre de personnes qui en bénéficient se tasse.
Tout ceci est probablement l’effet du redémarrage de l’activité économique d’après covid. Mais le constat mérite d’être nuancé.

Un terme à l’accélération

En 2020, l’augmentation du nombre de bénéficiaires a crevé tous les plafonds. Aujourd’hui, constate Philippe Defeyt, de l’Institut pour un Développement Durable, les courbes s’aplatissent. "Ce recul est tel qu’à partir de la mi-2021 le nombre de bénéficiaires est moindre qu’à la même période de l’année précédente."

Évolutions du nombre de bénéficiaires du RIS en% dans les 3 régions et en Belgique jusqu’en août 2021
Évolutions du nombre de bénéficiaires du RIS en% dans les 3 régions et en Belgique jusqu’en août 2021 © Institut pour un Développement Durable

Le constat est réjouissant mais les courbes ne disent pas tout. "Attention, prévient Ph. Defeyt, au total, le nombre moyen de bénéficiaires du revenu d’intégration en 2021 restera significativement supérieur à celui de 2019 (avant la crise donc), en particulier à Bruxelles (+11,5%)."

Les jeunes trinquent toujours

Le recul enregistré serait encore plus marqué si les plus jeunes ne pesaient pas sur la moyenne. En effet, les tendances pour les moins de 24 ans – et spécialement les étudiants – ne sont pas aussi positives que dans le reste de la population. Si pour eux aussi, l’accélération n'est plus aussi forte, la tendance est moins marquée. En outre, entre 2019 et 2021, la proportion de jeunes dans l’ensemble des bénéficiaires est passée de 32 à 33,3%.

Évolutions du nombre d’étudiants bénéficiaires du RIS dans les 3 régions et en Belgique jusqu’en août 2021
Évolutions du nombre d’étudiants bénéficiaires du RIS dans les 3 régions et en Belgique jusqu’en août 2021 © Institut pour un Développement Durable

Couverture sociale

Pour Philippe Defeyt, ex-président Ecolo du CPAS de Namur, cela s’explique. Leur couverture sociale est limitée. Par exemple, un garçon ou une fille qui termine ses études après 24 ans et qui ne trouve pas immédiatement du travail, n’a pas d’autre solution que le revenu d'intégration pour survivre: les allocations de chômage ne lui sont plus accordées.

Ne pas confondre augmentation et taux d’augmentation

Le taux d’augmentation du nombre de bénéficiaires se tasse. C’est plutôt une bonne nouvelle mais à côté, la durée d’intervention et le nombre total de bénéficiaires du revenu d’intégration continuent, eux, à augmenter : 146.830 en 2019, 155.000 aujourd’hui.
Après l’épisode exceptionnel au début de la Covid, on en revient à une croissance du nombre de RIS de 1 à 2% par an. Même si, en reprenant, l’activité économique améliore la situation, il n'y a donc encore aucune raison de crier victoire.

Archive JT du 14 novembre 2020:

CPAS de Genappe : hausse des demandes de revenus d'intégration sociale

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