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Après Paris, une partie du mouvement dit "Convois de la liberté" en direction de Bruxelles: ils veulent échapper aux contrôles

Des policiers antiémeutes français marchent dans une rue de Paris parmi des passants, le 12 février 2022, alors que des convois de manifestants appelés "Convoi de la Liberté" arrivent dans la capitale française.
13 févr. 2022 à 09:09 - mise à jour 13 févr. 2022 à 13:03Temps de lecture4 min
Par Lavinia Rotili, Guillaume Woelfle avec Belga

Une partie des autoproclamés "convois de la liberté", qui avaient fait halte samedi autour de Paris, sont repartis dimanche matin en direction de Bruxelles, mais les forces de l’ordre restaient mobilisées pour éviter qu’ils bloquent la capitale.

Tôt dimanche matin, il y avait une centaine de camping-cars dans le bois de Boulogne, 220 véhicules en Seine-et-Marne et 120 dans le Val-d’Oise, selon une source policière.

Le mot d’ordre des organisateurs est de prendre la route vers 10h pour rallier Bruxelles où un grand rassemblement est prévu lundi vers 14 heures. La police belge surveille cependant attentivement la formation d’un tel "convoi de la liberté" contre les mesures sanitaires, alors que la manifestation a été interdite d’accès à la capitale.

La situation sous contrôle ce dimanche midi

Sur les réseaux sociaux, on peut lire que des citoyens se mobilisent depuis les quatre coins de la Belgique. Les organisateurs et futurs participants au convoi annoncent vouloir encercler Bruxelles et multiplier les accès à la ville afin d’échapper aux contrôles. En effet, les autorités ont annoncé jeudi interdire l’accès à la capitale pour le convoi. Les camions seront interdits aussi sur tout le territoire de la Région bruxelloise alors qu’une manifestation était prévue lundi.

Le message du bourgmestre de la ville de Bruxelles, Philippe Close, est clair : "Ils peuvent venir manifester mais pas avec les véhicules et pas avec les camions. On ne tolérera pas le fait qu’il bloque toute la capitale." D’autres provinces belges ont voulu également interdire le convoi : c’est le cas pour le Brabant flamand, qui avoisine la capitale.

Ce dimanche midi, toutefois, la situation était assez calme. Nos équipes à la frontière attestaient que la police n’était pas présente. Les 450 véhicules à l’origine de l’initiative en France ont, eux, bel et bien quitté Villepinte (est de Paris) ce matin. Ils se dirigent vers Lille, puis sans doute vers Bruxelles. Ils devraient passer la frontière en fin d’après-midi, car ils roulent très lentement et sont escortés par la police.

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Selon nos équipes sur place, bien que l’interdiction du mouvement soit déjà en vigueur depuis aujourd’hui minuit, il semble que l’objectif principal des forces de l’ordre serait surtout d’éviter les ralentissements et les blocages. Pendant un premier temps, la police se limitera à sensibiliser les automobilistes. Ensuite, elle commencera à contrôler ceux qui voudraient mener des actions.

La police déconseille de se rendre en voiture dans la capitale en raison des probables embarras de circulation. Elle rappelle toutefois que "les conducteurs qui souhaitent manifester avec leur véhicule peuvent le faire à un endroit spécialement désigné, le parking C du Heysel (Brussels Expo)."

Et pourtant, sur les réseaux, les organisateurs appellent à éviter le parking du Heysel. Ils affirment qu’ils seraient "parqués et surveillés" et projettent deux scénarios : soit rentrer dans la Capitale par toutes les autres entrées, soit bloquer les entrées de Bruxelles après une opération escargot.

La police déconseille de se rendre en voiture dans la capitale ce lundi en raison des probables embarras de circulation. Elle rappelle toutefois que "les conducteurs qui souhaitent manifester avec leur véhicule peuvent le faire à un endroit spécialement désigné, le parking C du Heysel (Brussels Expo)."

Et pourtant, sur les réseaux, les organisateurs appellent à éviter le parking du Heysel. Ils affirment qu’ils seraient "parqués et surveillés" et prévoient opter pour l’un de ces deux scénarios : soit rentrer dans la Capitale par toutes les autres entrées, soit bloquer les entrées de Bruxelles après une opération escargot.

97 interpellations et 513 verbalisations

En France, les forces de l’ordre ont procédé samedi à Paris à 97 interpellations et 513 verbalisations, selon un bilan global communiqué dimanche par la préfecture de police de Paris.

Selon le parquet, à 6 heures du matin, 81 personnes étaient en garde à vue, dont Jérôme Rodrigues, un des visages du mouvement des "gilets jaunes", et soutien actif des convois. Il a été placé en garde à vue pour "organisation de manifestation interdite et participation à un groupement formé en vue de commettre des violences", selon une source judiciaire.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de l’ordre sont intervenues, selon la PP, dans le quartier des Champs-Elysées et dans le bois de Boulogne pour "verbaliser et disperser" les derniers participants à cette manifestation interdite par le préfet de police, Didier Lallement.

Une centaine de camping-cars étaient dans le bois de Boulogne, a précisé une source policière. 220 véhicules ont passé la nuit en Seine-et-Marne et 120 dans le Val-d’Oise, selon la même source. Le mot d’ordre des organisateurs des convois anti-pass est de prendre la route vers 10h00 pour rallier Bruxelles où un grand rassemblement est prévu lundi.

Mais, selon une source policière, tous les participants ne devraient pas suivre ce mot d’ordre.

En début d’après-midi samedi, plus d’une centaine de véhicules étaient parvenus à rejoindre les Champs-Elysées, qui ont été évacuées progressivement par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes.

La police maintient son dispositif

Dans un tweet, la préfecture de police de Paris a dit "maintenir son dispositif ce dimanche" pour empêcher les manifestants venus de toute la France de bloquer la ville par leur opération baptisée "convois de la liberté", qui avait été interdite.

Quelque 7500 membres des forces de l’ordre ont été mobilisés, depuis vendredi et jusqu’à lundi, les convois ayant prévu de gagner Bruxelles lundi.

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Le mouvement dit "convoi de la liberté"

Rassemblement hétéroclite d’opposants au président Emmanuel Macron, au pass vaccinal et de "gilets jaunes", ceux qui se font appeler "convois de la liberté" se sont constitués sur le modèle de la mobilisation qui paralyse actuellement la capitale canadienne Ottawa.

Plus de 7000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés par la préfecture de police de Paris depuis vendredi jusqu’à lundi, les convois anti-pass ayant prévu de gagner Bruxelles lundi.

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