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"Archisols": comment mieux connaître et mieux utiliser les sols bruxellois grâce aux archives

La fonderie à Anderlecht en 1877

© Archives de l’Etat à Bruxelles, Gouvernement provincial, D 342/9

29 sept. 2022 à 10:30Temps de lecture2 min
Par Pierre Vandenbulcke

Mieux connaître les sols bruxellois, pour améliorer leur usage. C’est l’objectif du projet Archisols auquel collaborent les archives de l’état, des universités, des administrations communales, des cercles de citoyens, mais aussi Urban. brussels ou encore Bruxelles Environnement. La pollution des sols en zone urbaine est, en effet, bien plus généralisée que ne le laissent entendre les outils à la disposition des citoyens et des acteurs de terrains. L’idée ici est de compléter et préciser le cadastre des sols existant avec une multitude d’informations contenues dans les archives jusqu’ici inexploitées.

Les archives : un immense gisement d’informations

Au siège des archives de l’état à Forest dorment des milliers de documents en tout genre. Cartes, photographies, rapports d’étude et autres autorisations forment un immense gisement d’informations. Cette archive de 1881 est un bon exemple. Il s’agit d’un plan d’évacuation des eaux d’une entreprise chimique à Anderlecht. "Ici on voit comment ils ont déversé des déchets polluants par un ruisseau 300 mètres plus loin dans la Senne au niveau du square Albert 1er. Sans cette archive qui permet de faire le lien entre les deux, on aurait aucune conscience ou connaissance de l’origine de cette pollution" explique François Antoine, responsable des archives de l’état à Bruxelles, un des partenaires du projet Archisols.

Réduire les coûts

Connaître l’histoire des sols permet de mieux cibler la recherche de polluants et in fine aussi de réduire les coûts des chantiers de dépollution. "A partir du moment où on tombe sur une carte d’une entreprise et qu’on voit directement où s’est fait le stockage de produits dangereux. Et qu’à côté de ça, on voit le bureau du directeur. Hé bien on sait qu’on ne doit pas traiter à cet endroit-là. Et donc c’est aussi vraiment l’idée de limiter les coûts et avoir moins une confrontation entre l’environnement et l’économie".

Quelques fabriques en bordure de Senne en 1854
Quelques fabriques en bordure de Senne en 1854 © Archives de l’Etat à Bruxelles, Gouvernement provincial, D 274/2

Un outil pour aider à la décision

Archisols est pensé comme un outil pour aider la prise de décision que ce soit en matière de dépollution ou de conservation des sols. "Si on se rend compte qu’en termes d’agriculture urbaine, certaines terres valent vraiment la peine d’être conservées, cela peut être un élément qui peut justement jouer dans la décision de ce que l’on va faire d’un lieu ou l’autre".

Rendre ces données accessibles au plus grand nombre

A terme, l’objectif est de rendre ces informations dormantes accessibles au plus grand nombre via une cartographie numérique. " Aujourd’hui, tous ces documents, qui ne sont par " born-digital " et qui ne peuvent donc pas directement intégrer les bases de données, sont totalement écartés de la gestion, de la réflexion et de la planification de la ville. Archisols souhaite se servir de la masse des données, disponibles mais inexploitées, sur la pollution des sols notamment, pour trouver d’autres chemins de " vivre " avec eux ".

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