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Argentine : des milliers de personnes accablées par l'inflation de nouveau dans les rues de Buenos Aires

Buenos Aires, ce 23 avril
12 mai 2022 à 21:11Temps de lecture2 min
Par RTBF Info et Belga

Plusieurs milliers d'Argentins ont paralysé jeudi le centre de Buenos Aires lors d'une marche pour la défense du pouvoir d'achat, un appel répété ces derniers mois avec une acuité croissante face à une inflation obstinément élevée : +23,1 % en quatre mois.

La "Marche fédérale pour le travail et les salaires, contre la faim et la pauvreté", gonflée de milliers manifestants venus des provinces, répondait à l'appel de plusieurs syndicats ou organisations situées à la gauche du gouvernement d'Alberto Fernandez (centre-gauche), et régulièrement critiques d'une politique sociale jugée timide.

Ces appels sont devenus de plus en plus forts depuis le début de l'année face à l'emballement de l'inflation (encore +6% en avril selon les chiffres publiés jeudi).

Sur la base du début 2022, l'inflation argentine, déjà l'une des plus élevées au monde en 2021 (+50,9%), pourrait dépasser ce seuil en 2022, des projections privées tablant sur plus de 60%. La perspective affole des millions d'Argentins (37% de pauvreté), dont les manifestants qui ont investi la Plaza de Mayo jeudi.

Buenos Aires, le 23 avril 2022
Buenos Aires, le 23 avril 2022 AFP

"La dette est envers le peuple"

Dans le viseur aussi, la prudence budgétaire à laquelle tente de s'astreindre le gouvernement, dans le cadre d'un accord scellé en mars avec le FMI pour la restructuration de sa dette: un objectif de déficit budgétaire ramené de 3% du PIB en 2021, vers l'équilibre en 2025. 

Gauche et extrême gauche argentines, peu influentes électoralement mais a forte capacité de mobilisation de rue, sont depuis le début vent debout contre le remboursement de la dette au FMI, estimant que "la dette est envers le peuple", un de leurs principaux slogans. Et s'impatientent de ne voir que peu ruisseler le retour de la croissance depuis 2021 (+9,1% sur les douze derniers mois).

Ils réclament des aides sociales plus généreuses, et le gouvernement tente de désamorcer, voire d'anticiper, ces attentes qui fissurent aussi la coalition gouvernementale, la vice-présidente (et ex-cheffe de l'Etat) Cristina Kirchner exprimant elle aussi une impatience sociale.

"Je crois que nous n'honorons pas toutes les attentes, toute la confiance, tout l'espoir qui ont été placés en nous" a-t-elle grincé il y a quelques jours, critique à peine voilée du président Fernandez, même si elle a évoqué "non pas une lutte, mais un débat d'idées", au sein de l'exécutif. "Des différences", a consenti le président.

Ces dernières semaines, il a augmenté de 50% la "carte alimentaire" (bon d'achat pour les plus démunis), donné un coup de pouce aux retraités et travailleurs informels, et vient d'annoncer pour début juin une augmentation du salaire minimum prévue en août qui passera de 38.940 à 45.540 pesos (319 à 373 dollars).

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