Argentine : la viande de bœuf, socle de culture, aujourd’hui au cœur de grosses tensions

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22 mai 2021 à 12:12Temps de lecture2 min
Par Avec AFP

L’odeur du feu de bois et de la viande grillée emplit chaque restaurant, jardin et terrasse en Argentine où le traditionnel "asado", lien culturel et identitaire, est aujourd’hui devenu source de polémique.

"En plus d’être un aliment, la viande est un élément de la culture argentine. C’est l’asado du dimanche, c’est se rassembler, c’est l’excuse pour se retrouver en famille le week-end", explique Emmanuel Lapetina, le président de l’usine de conditionnement de viande La Peña.

Mais ce moment de convivialité est menacé par un conflit sur les prix entre le gouvernement du président de centre-gauche Alberto Fernandez, qui a suspendu lundi les exportations de viande bovine pendant 30 jours, et les producteurs de bétail qui ont répliqué en suspendant jeudi les ventes de bovins pour neuf jours.

"Personne ne veut arrêter les asado. Cela fait partie de notre culture de manger de la viande, c’est pourquoi il y a tant de tension quand elle est très chère", explique Emmanuel Lapetina.

Prix en très forte hausse

L’Argentine, reconnue mondialement comme pays producteur d’une excellente viande, est le quatrième exportateur mondial de ce produit de base, qui à l’instar du maïs ou du soja, a vu ses prix grimper sur les marchés internationaux.

Mais si le pays bénéficie de recettes en devises (3,368 milliards de dollars en 2020), le coût sur le marché intérieur a augmenté de 65% dans un contexte d’inflation accélérée.

Le gouvernement cherche une formule pour faire baisser le prix sur les étals, alors que la pauvreté frappe 47% de la population.

Mais les producteurs sont méfiants et rappellent qu’en 2006, lorsque Néstor Kirchner était au pouvoir et qu’Alberto Fernandez était son chef de cabinet, une restriction des exportations de viande initialement prévue pour six mois, a fini par durer dix ans.

Au cours de cette période, 12,5 millions de têtes de bétail et 19.000 emplois ont été perdus et n’ont pas encore été récupérés, selon la Chambre d’industrie et de commerce de la viande et des produits carnés.

L’Argentine compte quelque 54 millions de têtes de bétail. En mars, selon les dernières statistiques disponibles du ministère de l’Agriculture, 1,1 million de têtes ont été abattues, pour une production de près de 261.000 tonnes, dont 73.400 tonnes ont été exportées, principalement vers la Chine.

Les Argentins sont les plus gros mangeurs de bœuf au monde avec 49,2 kilos en moyenne par an.

 

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