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Ars moriendi, quand le son se meurt

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02 déc. 2022 à 01:00Temps de lecture1 min
Par Nicolas Blanmont

En Suisse, un Giger peut en cacher un autre. On connaît le grand illustrateur et plasticien HR Giger (1940-2014), mais peut-être moins son homonyme Paul Giger (né en 1952), violoniste, compositeur, improvisateur, aussi à l’aise dans le baroque que dans le contemporain et dans le classique que dans le jazz.

Ars Moriendi, son nouvel album, ne parle pas que de la mort de l’homme — même si on la croise plusieurs fois — mais aussi de la façon dont le son meurt, ces quelques instants où la musique survit, fragile, avant de s’éteindre tout à fait. C’est que les compositions de Giger ne cherchent pas à démontrer, ni même à raconter, elles se vivent dans une sorte de simplicité : un espace, une expérience, un ressenti. Le disque s’ouvre avec une étonnante version de Guggisberglied, vieille chanson d’amour populaire suisse dont Giger propose une version de 19 minutes qu’il joue seul avec son violon d’amour à onze cordes (cinq cordes dans le registre de l’alto et violon accordées en quartes et en quintes, et six cordes sympathiques) : un instrument qu’il joue de son archet, mais qu’il précise aussi gratter, pincer ou frapper comme un tambour.

Rejoint ensuite par une claveciniste, un percussionniste, un contreténor et un quatuor à cordes, il poursuit en alternant ses propres compositions — dont plusieurs écrites pour un film documentaire sur le grand peintre Giovanni Segantini — et des transcriptions de Bach où ce même esprit de dénuement, d’arte povera, fait merveille. Un étonnant voyage entre le passé et le présent, entre l’être et le néant.

CD ECM New Series/Outhere

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