Athlétisme

Athlétisme: Ismael Debjani "Sans contrat, j'arrête"

Debjani "Sans contrat, j'arrête"

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C'est le meilleur coureur de 1500 mètres du pays mais il s'apprête à perdre son contrat. Ismaël Debjani, recordman de Belgique de la distance (3'33''06), attend la décision du ministère des sports (qui devrait tomber au plus tard début décembre) mais il ne sera plus athlète de haut niveau à temps plein la saison prochaine.

Une situation que ne comprend pas le coureur carolo de 32 ans qui a terminé 12e des championnats d'Europe cet été et qui vise une participation aux jeux olympiques de Paris dans 2 ans. "Le futur s'annonce un peu chaotique à l'heure d'aujourd'hui". Les mots sont ceux d'un athlète abattu.

Debjani a les jambes coupées par la décision des instances sportives de la communauté Wallonie Bruxelles de le priver de son contrat de sportif de haut niveau. Ces deux dernières années, malgré un record de Belgique et une participation aux Jeux de Tokyo en 2021 mais aussi aux championnats d'Europe et du monde cet été, il n'a pas atteint les objectifs (une finale olympique en 2021 et un top 8 européen en 2022) fixés par l'ADEPS , son employeur.

Deux cartes oranges synonymes d'une perte de contrat même s'il pourrait récupérer un mi-temps. "Même si j'obtiens finalement un contrat à mi-temps, c'est difficilement envisageable de continuer de performer dans ces conditions. C'est impossible d'imaginer s'entraîner autant en ayant un travail d'éducateur à côté. Je n'aime pas faire les choses à moitié. Athlète, c'est un emploi à temps plein, c'est mon métier."

Actuellement, un contrat de sportif de haut niveau garantit à la trentaine d'athlètes qui en bénéficie en communauté Wallonie-Bruxelles un revenu fixe de plus ou moins 2.000 euros nets mensuels. A cela s'ajoute une bourse annuelle pour financer, notamment, les stages, les soins et les frais médicaux. Passer à mi-temps reviendrait à diviser ses revenus par deux. Soit approximativement 1200 euros pour 11 séances d'entraînement par semaine, 6 jours sur 7, 160 kilomètres de course à pied hebdomadaire, sans compter la musculation et les indispensables séances de kiné.

"Pourtant, le minima qualificatif pour Paris (aux environs de 3 minutes 34 secondes et 50 centièmes, un chrono à sa portée), je sais que sauf blessure, je le réaliserai. Je l'ai en tous cas toujours fait ces dernières années. Mais le critère qu'on m'impose, c'est de courir en 3'31''50."

Ismaël Debjani attend désormais la décision de la ministre des sports qui doit statuer fin du mois de novembre. Avec la perspective de devoir peut-être mettre un terme à sa carrière. "On en a parlé avec ma famille. J'ai fait le tour. Peut-être que oui, je mettrai un terme. "

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