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Attentats du 13 novembre : sept enquêteurs belges témoignent au procès des attentats de Paris dès jeudi

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24 nov. 2021 à 15:03Temps de lecture3 min
Par Belga

L'audition à distance de sept enquêteurs de la section antiterroriste de la police fédérale belge débutera jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris sur les attentats du 13 novembre 2015. Ces policiers avaient d'abord été cités comme de simples témoins, sans précautions particulières quant à la garantie de leur anonymat. Des modalités qui n'avaient pas plu au parquet fédéral belge, qui avait menacé de s'opposer à leur audition.

Après les témoignages de victimes, empreints d'horreur et d'espoir, la parole des accusés déroulant leur vécu avant les attentats, les mots de l'ex-président de la République François Hollande, puis le résumé des policiers français de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sur une enquête "tout sauf linéaire", ce sera au tour des policiers antiterroristes belges de retracer leur collaboration avec les forces de l'ordre française.


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Devant les assises parisiennes, la participation de la police belge a d'abord été jugée exemplaire par l'ancien procureur de Paris François Molins, puis critiquée en filigranes par François Hollande - qui avait souligné que la fuite de l'accusé Salah Abdeslam vers la Belgique après les attentats n'était "pas la responsabilité de la France" mais "celle d'un autre pays".

Témoignages en visioconférence

Du jeudi 25 novembre au mercredi 8 décembre, selon le calendrier du procès, les enquêteurs belges témoigneront par visioconférence depuis la Belgique, au cours de plus de 70 auditions prévues.

Ils interviendront à visage découvert mais pourront porter un masque buccal. Ils se présenteront sous leur nom de code en usage durant l'intervention et ne devront donc pas décliner leurs noms et prénoms, afin de protéger leur identité. Il s'agit là d'une requête du procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw, à laquelle le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès, a accédé vendredi dernier, malgré des débats houleux à ce propos tenus à huis clos en chambre du conseil avec des avocats de la défense et des parties civiles.

Pourquoi l'anonymat ? 

Pour le procureur fédéral belge, l'anonymat des policiers belges était une condition sine qua non à leur participation au procès, tant pour assurer la sécurité de ces témoins que pour des raisons juridiques. Une loi belge de 2016, inspirée de la législation française, garantit en effet l'anonymat des unités spéciales et antiterroristes de la police fédérale belge. Les policiers antiterroristes français ont d'ailleurs témoigné à Paris sous couvert d'anonymat.

"Ce n'est que justice", a commenté auprès de Belga Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral. Les enquêteurs des cellules belge et française "font le même travail et sont exposés à des risques similaires". À l'argument de la défense pointant que l'identité des enquêteurs apparaît déjà au bas de procès-verbaux émis durant l'enquête, Eric Van Duyse se demande si "pour autant, il faut faire courir un risque supplémentaire" aux enquêteurs belges.


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En outre, "il y a les faits et la loi", rappelle-t-il. "La loi nous interdit de divulguer le nom des policiers qui travaillent sous un nom de code." En effet, "nos enquêteurs travaillent aujourd'hui encore sur des dossiers sensibles et la moindre faille pourrait les mettre eux, leurs familles, leurs dossiers en péril", a souligné la police fédérale, interrogée par Belga.

Certains avocats de la défense voient également un manque de respect pour les victimes dans le fait que les policiers belges s'exprimeront depuis Bruxelles, alors que la capitale française est à portée de train.

Faut-il obligatoirement faire déplacer ces enquêteurs, quand cela exige du temps, des coûts, et en pleine épidémie de coronavirus, alors que l'on peut obtenir le même résultat par visioconférence?

"Tout le travail effectué durant l'enquête par les policiers, qui dormaient sur place afin d'être disponibles à tout moment, tout ce travail montre à suffisance l'immense respect des policiers pour les victimes", a balayé le porte-parole du parquet fédéral.

"Le reste n'est qu'une question pragmatique: faut-il obligatoirement faire déplacer ces enquêteurs, quand cela exige du temps, des coûts, et en pleine épidémie de coronavirus, alors que l'on peut obtenir le même résultat par visioconférence?", a-t-il conclu.

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