Santé & Bien-être

Au Brésil, smartphone et silicone pour reconstruire un visage

Denise Vicentin, qui a perdu un oeil et une grande partie de la mâchoire en raison d'un cancer, découvre son nouveau visage, avec une prothèse dont le modèle a été imprimé en 3D.

© Nelson ALMEIDA/AFP

08 janv. 2020 à 15:00Temps de lecture2 min
Par RTBF TENDANCE avec AFP

Reconstruire des visages abîmés

"Par le passé, il fallait de longues heures de travail, des heures de sculpture à la main et la procédure était très invasive," explique Rodrigo Salazar, qui dirige la recherche. "Aujourd'hui on crée des modèles en trois dimensions avec des photos de smartphone", ce qui permet d'obtenir un modèle fiable, avec les mesures exactes du visage, pour un prix bien moins élevé que les équipements conventionnels.

L'équipe est spécialisée dans les prothèses maxillo-faciales, une branche de la dentisterie qui permet la reconstruction du visage chez des patients défigurés par des défauts de naissance, des maladies ou des traumatismes.

La vie de Mme Vicentin a basculé il y a 30 ans avec l'apparition d'une tumeur de la face. L'excroissance a été retirée deux fois, avant de réapparaître sous une forme cancéreuse deux décennies plus tard. Progressivement, elle a perdu des morceaux du côté droit de son visage, ainsi que son mariage et sa dignité.

Smartphone et impression 3D

Alors que se développait les techniques de 3D ces dernières années, Luciano Dib, l'un des superviseurs du Dr Salazar et cochercheur, a eu l'idée d'utiliser cette technique pour faire des prothèses. "Un jour, j'ai vu des gens faire des impression 3D au centre commercial et je me suis dit: pourquoi ne ferait-on pas cela pour des prothèses?", explique-t-il.

La transformation de Denise Vicentin a débuté en 2018, quand M. Dib a implanté des tiges en titane au niveau de son globe oculaire pour faire tenir la prothèse. Elle a ensuite subi une série d'opérations tout au long de l'année suivante.

En utilisant un smartphone, le Dr Salazar a pris 15 photos de son visage, qui ont permis de créer un modèle numérique en trois dimensions.

L'objectif était de répliquer en miroir la moitié gauche de son visage restée intacte. Une impression en 3D a ensuite servi de modèle pour la création de la prothèse en silicone, résine et fibres synthétiques.

Haute technologie accessible

La fabrication n'a pris que 12 heures, la moitié du temps demandé avec les méthodes conventionnelles, qui requièrent en outre l'utilisation d'équipements pouvant coûter jusqu'à 450.000 euros.

"Cette méthode montre qu'on n'a pas besoin de gros investissements pour utiliser des technologies avancées", explique le Dr Salazar.

La prothèse, de la taille d'un œuf qui aurait été un peu aplati, a été parfaitement fixée sur le visage, à l'aide d'aimants qui adhèrent aux implants de titane.

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