Santé physique

Au Japon, les bains publics doivent se réinventer pour survivre

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30 août 2022 à 09:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Jadis omniprésents au Japon, les bains publics, ou sento, sont en perte de vitesse depuis des années dans l’archipel. Mais certains d’entre eux innovent pour se revitaliser et rajeunir leur clientèle.

Le Japon ne compte plus qu’environ 1800 sento, dix fois moins qu’à la fin des années 1960. Hommes et femmes séparés, on se trempe nu dans ces bains à l’atmosphère généralement surannée, ornés de fresques de motifs traditionnels comme l’incontournable Mont Fuji.

Les fermetures de sento atteignent aujourd’hui un nombre critique à cause de moyens insuffisants pour les rénover, de la flambée des coûts et de la difficulté de leurs propriétaires à trouver des successeurs.

Leur disparition risque d’éroder les liens sociaux de proximité. Car ce sont des "lieux de quartier où tout le monde se retrouve […], dont beaucoup de personnes âgées qui vivent seules", souligne Sam Holden, un Américain de 32 ans installé à Tokyo depuis près de dix ans.

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Les sento dépensent beaucoup d’énergie pour chauffer

Les tarifs des sento sont bas (500 yens à Tokyo, soit moins de quatre euros) car fixés par les autorités municipales qui les subventionnent. Mais contrairement aux onsen, les sources d’eau chaude naturelle au Japon, les sento chauffent généralement leurs bains au gaz, ce qui les fragilise face à la flambée actuelle des prix de l’énergie.

Selon Shunji Tsuchimoto, 60 ans, qui gère Inari-yu avec son épouse, la facture énergétique de son établissement a bondi de 50% cette année par rapport à l’an dernier.

Se rénover pour mieux attirer les clients

AFP

Un sento tokyoïte, Koganeyu, a rouvert en 2020 après une rénovation complète pour se transformer en un lieu branché. Dans sa petite salle d’accueil en béton brut, de jeunes clients alignés sur des bancs dégustent des bières pression artisanales au son d’une pop japonaise rétro jouée sur des disques vinyles.

"L’image que j’ai des sento, c’est un lieu où se rassemblent des papis et mamies", confie Kohei Ueda, un employé dans l’informatique de 25 ans venu à Koganeyu avec un ami. "Mais dans un sento comme celui-ci, plus à la mode et moderne […], je m’y sens plus à l’aise", ajoute-t-il.

Pour augmenter sa fréquentation, Kom-pal, un autre sento tokyoïte, ne mise pas sur un style "hipster" mais plutôt sur la technologie. Fumitaka Kadoya, 36 ans, a promu son sento sur les réseaux sociaux, recruté du personnel féminin pour encourager plus de femmes à fréquenter son sento ou ouvre même le dimanche matin.

"Les sento ont toujours fait partie de la culture japonaise", rappelle M. Kadoya. Et de nos jours, laisser toutes ses affaires dans un casier pour se détendre dans un bain chaud peut être une sorte de "détox numérique", pense-t-il. "C’est exactement ce dont les jeunes gens d’aujourd’hui ont besoin".

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