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Au Louvre, "Les massacres de Scio" de Delacroix retrouve sa vigueur première

La toile "Scènes des massacres de Scio", chef d'oeuvre absolu d'Eugène Delacroix, va être réexposée à partir du 19 février au Louvre.

© Courtesy of Louvre

09 févr. 2020 à 11:00Temps de lecture1 min
Par AFP

"Scènes des massacres de Scio", chef-d’œuvre absolu d’Eugène Delacroix, a retrouvé son expressivité dramatique et sa vigueur à l’issue d’une restauration de plusieurs mois et va être réexposée à partir du 19 février au Louvre. L’œuvre restaurée, de grand format (4,1 m sur 3,5 m), a été montrée jeudi à un groupe de journalistes, dans un atelier de l’aile est de la Cour Carrée. L’intervention, d’octobre à janvier, qui a bénéficié d’un mécénat de la Bank of America, a consisté "avant tout en un retrait, à l’aide de solvants, des multiples couches de vernis, oxydées, très jaunies", a expliqué Côme Fabre, conservateur au département des peintures. "Cette opération permet de révéler toute la diversité, la richesse des couleurs que Delacroix emploie. Il entremêle des petites pointes, des touches de couleurs très vives de bleu, de rouge, de vert. Il fallait absolument retirer ce filtre gris et jaune qui déformait la perception de la palette de l’artiste", a-t-il observé.

Ce deuxième grand tableau de Delacroix, après "Dante et Virgile aux enfers", dont le titre complet est "Scènes des massacres de Scio : familles grecques attendant la mort ou l’esclavage", représente les otages grecs de l’île de Chios (Scio), sous la coupe des Ottomans, lors de la guerre d’indépendance de la Grèce en 1822. La restauration a été facilitée par le fait que le peintre, âgé de 27 ans, avait tenu un journal durant les six mois de l’exécution de sa toile en 1824. Elle était si jaunie que le ciel paraissait pesant et que le sol semblait être du sable alors qu’il est crayeux. La restauration fait resurgir les multiples effets de ce "piquetage de touches vives" : larmes sur une main, ombres rouges sur les bras, autour des yeux…

L’œuvre avait été son premier succès public, entrant immédiatement dans les collections royales. Le régime de la Restauration "a extrêmement bien acheté l’art contemporain de l’époque", a relevé avec humour Sébastien Allard, directeur du département des peintures. La toile va retrouver "La Mort de Sardanapale" – en attente d’une lourde restauration – et "La Liberté guidant le peuple", dans une des "Salles rouges" du grand musée. Le Louvre dispose de 6400 peintures, dont 4200 présentées de façon permanente.

Eugène Delacroix I Quelle Histoire - TV5 Monde

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