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Au Mali, les rotations des contingents de la mission de l'ONU reprennent lundi

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13 août 2022 à 16:56Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Estelle De Houck

Les rotations des contingents de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), suspendues depuis un mois, reprendront lundi avec un nouveau mécanisme d'approbation dans un contexte de tensions diplomatiques entre Bamako et ses partenaires.

"La Minusma a marqué son accord sur les nouvelles procédures et les a communiquées à tous les pays contributeurs de troupes. Il n'y aura pas d'exception", a déclaré à l'AFP le ministre Abdoulaye Diop. "Il est prévu que les rotations recommencent dès ce lundi", a confirmé Myriam Dessables, porte-parole de la Minusma, forte de 12.261 soldats et 1718 policiers

Avant, "ils (les contingents) nous saisissaient directement. On a mis un terme à cela. Toutes les demandes doivent désormais passer par la Minusma qui doit les valider et transmettre aux Affaires étrangères par note verbale", a précisé le chef de la diplomatie malienne.

Suspendues depuis le 14 juillet

Les rotations des contingents militaires et policiers de la Minusma avaient été suspendues le 14 juillet pour une durée indéterminée en raison du "contexte de sécurité nationale".

Vendredi, l'Allemagne avait annoncé suspendre "jusqu'à nouvel ordre" la majeure partie de ses opérations militaires au Mali dans le cadre de la mission de l'ONU (Minusma), en dénonçant un nouveau refus de survol par les autorités maliennes.

Le refus de survol était intervenu malgré des assurances contraires de la part du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, lors d'un entretien téléphonique jeudi avec son homologue allemande Christine Lambrecht, avait-il ajouté.

"Les Allemands doivent se conformer aux nouvelles procédures. Leur ministre de la Défense est allé vite en besogne pour annoncer la suspension de leur opérations. Cela ne nous impressionne pas", a réagi M. Diop. "Notre ligne est claire. On ne transige pas sur les questions touchant à la souveraineté et à la sécurité nationales", a-t-il poursuivi.

Et samedi, Bamako a invité l'Allemagne "à renouveler sa demande de rotation dans le cadre de ce mécanisme à travers la Minusma".

Porte-parole expulsé

Le Mali est dirigé par une junte qui poussé vers la sortie le vieil allié français et ardemment relancé la coopération avec Moscou pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui a gagné le centre ainsi que le Burkina Faso et le Niger voisins.

Les relations entre le Mali et l'ONU, dont les casques bleus sont présents dans le pays depuis 2013, se sont également dégradées ces dernières semaines. Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, avait été notamment expulsé pour avoir publié des "informations inacceptables" au lendemain de l'arrestation de 49 soldats ivoiriens à Bamako le 10 juillet.

Ceux-là, qualifiés de "mercenaires" par Bamako, étaient selon Abidjan en mission pour l'ONU. Ils sont toujours détenus à Bamako.

La suspension des rotations des contingents de la Minusma avait été annoncée quatre jours après leur arrestation. L'Egypte avait le lendemain annoncé suspendre la participation de ses quelques 1.035 soldats à la Minusma, dont le mandat a été renouvelé pour un an le 29 juin.

Ce renouvellement s'est accompagné d'une "opposition ferme" du Mali à la liberté de mouvement des Casques bleus pour des investigations liées aux droits de l'Homme.

En janvier, le Danemark avait annoncé le rapatriement de ses soldats dans le cadre du groupement européen de forces spéciales Takuba, Bamako arguant que leur déploiement était "intervenu sans son consentement".

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