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Ecologie

Au Mans, le cheval "Doupette" aux côtés des éboueurs

04 févr. 2022 à 10:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

"Doupette de Lucé", une jument percheronne habituée aux travaux en milieu naturel, sillonne depuis début janvier les ruelles pavées du Mans, inaccessibles aux bennes à ordures, pour collecter les déchets recyclables qui ne bénéficiaient pas jusqu'ici d'un ramassage public.

La jument va où les camions ne peuvent aller

AFP or licensors

Pendant quelques heures, chaque mardi matin, le bruit des sabots résonne dans la cité Plantagenêt, centre médiéval de la ville qui a souvent servi de décor de cinéma.

Quelques habitants ouvrent leurs fenêtres, certains prennent en photo la jument qui tire derrière elle un grand chariot à étagères sur lesquelles s'empilent peu à peu des sacs de déchets.

"Thomas adore. On attend chaque semaine avec impatience de voir passer le cheval. Et puis, pour les déchets, cela fait du bien aussi parce qu’avant, on devait les emmener en voiture, c'était toujours un peu compliqué, donc c’est vraiment pratique", témoigne Aneta, 39 ans, accompagnée de son fils.

Du lien social et une collecte plus performante

Depuis le début de l'année, la ville du Mans met à disposition des quelque 1.200 habitants de son quartier médiéval des sacs jaunes que chaque foyer dépose ensuite devant sa porte pour les tournées hebdomadaires de l'équidé.

Après avoir réussi à collecter 320 kilos début janvier, "Doupette de Lucé" s'est hissée à 500 kilos au fil des semaines.

L'objectif de la ville est d'arriver à une tonne de déchets recyclables ramassés par semaine.

"C'est un gisement de déchets que l'on ne captait pas. Avant, les déchets recyclables de type cartons ou plastiques partaient avec les déchets non recyclables dans des sacs laissés au bout des rues, là où les camions peuvent circuler", explique Alexandre Jager, directeur du service propreté du Mans. "Le cheval apporte du lien social, les riverains sont enjoués et la collecte donne de meilleurs ratios qu'avec des véhicules traditionnels", assure-t-il.

D'autres municipalités françaises ont adopté le même dispositif

Pour ce travail, Doupette a dû réaliser au préalable quelques exercices pratiques. "C'est une jument qui a travaillé beaucoup en forêt, dans les vignes, dans les milieux naturels. Je faisais aussi des randonnées, des balades, donc elle connaissait un peu la circulation, la vie de la ville. Mais il a quand même fallu que je la prépare pour ce travail en l’emmenant dans des centres-villes divers et variés", explique Christine Sallé, la meneuse de la jument.

Elle aussi estime que la présence d'un cheval peut s'avérer bénéfique dans la prise de conscience par les habitants de la quantité de déchets qu'ils génèrent, notamment en termes d'emballages.

"Il y a beaucoup plus de déchets (...) Je pense que le fait que ce soit un cheval qui ramasse incite les gens à trier davantage", assure-t-elle, ajoutant que si les sacs sont volumineux, ils ne sont "pas lourds". "C'est complètement dans les capacités" de Doupette, tient-elle à souligner.

D'autres villes de France, comme Troyes ou Besançon, pratiquent également le ramassage de certains déchets à cheval.

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