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Au Standard, la raison peut-elle remplacer la passion ?

Les supporters du Standard ne demandent qu'à raviver l'enfer de Sclessin

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"Passion, fierté, ferveur", ce slogan du Standard, qui lui colle à la peau comme un tatoo indélébile écrit à l’encre rouche sang qui coule dans les veines de ses supporters, peut-il un jour être remis en question ? Ce club unique en Belgique dans son rapport avec ses tribunes plus bouillantes qu’ailleurs, peut-il transformer son ADN ? Le Président-supporter Bruno Venanzi, est en tout cas parti. Les Américains de "777" sont arrivés. Et ont commencé à "transformer" le club. Un nouvel organigramme, à l’américaine, est installé. Une structure claire, sans doute un peu plus froide, pour un club entré désormais dans une autre galaxie. Celle d’un partenariat avec, entre autres, le Genoa, Vasco de Gama ou le Red Star, les autres jouets footballistiques des proprio de l’Amérique. Mais tout n’a pas été balayé, dans les coulisses de Sclessin. A commencer par le CEO du club, Pierre Locht, qui en connait les moindres recoins comme sa poche.

Les poches du club, elles, sont loin d’être remplies. Et Pierre Locht le sait. Sa communication est prudente. Le Standard, qui sort d’une des pires saisons de son histoire (14è place) ne peut pas fanfaronner. Locht compare d’ailleurs son Standard à un joueur blessé qui doit revenir progressivement. Sans brûler les étapes. L’âge de raison a-t-il gagner les bords de Meuse ? Le Standard affiche clairement sa volonté d’être patient. Un patient convalescent.

Concrètement, le Standard n’a pas encore vraiment modifié son noyau, un peu court en qualité l’an passé. Les liégeois n’ont pas tellement profité de la longue pause depuis leur dernier match de championnat, le 10 avril. De quoi effectivement calmer les ardeurs des plus ardus de la cité ardente. Sur les réseaux, beaucoup de supporters semblaient même avoir perdu toute combattivité pour trouver quelques lueurs d’espoir pour la saison à venir. Là aussi, la raison plutôt que l’habituelle passion.

Mais le Standard et sa nouvelle direction avaient aussi très vite, depuis l’arrivée de 777, ciblé leur nouvel entraineur. Ronny Deila, le Norvégien, arrivé de MLS, possède un joli CV. Et surtout, il laisse une très bonne impression à tous les étages du club. Humainement et sportivement. Une très bonne pioche, a priori, ce qui montre que le club a bien fait d’aller au bout de sa première idée.

Et on a pu constater lors du dernier match de préparation contre le Borussia Mönchengladbach qu’il mettait déjà ses principes de jeu en place, bien suivi par ses joueurs, qui ont retrouvé le goût du pressing bien fait. Avec des jeunes de l’académie bien répartis sur le terrain, emmenés par le leader Raskin. L’ADN "Standard" a donc de l’avenir sur la pelouse de Sclessin. Mais aussi dans les gradins, où le public a joliment accompagné cette dernière sortie avant les choses sérieuses qui commencent aujourd’hui. Ils sont d’ailleurs 19.000 à avoir commandé leur abonnement pour le prochain championnat. Malgré la saison pourrie qu’ils viennent de subir. Malgré les incertitudes.  Comme une preuve que la passion finira toujours par l’emporter sur la raison. Il suffira d’une étincelle pour rallumer l’enfer de Sclessin où passion et ferveur sont rarement remises en question. Reste à retrouver le chemin de la fierté. Premier élément de réponse ce soir, contre Gand. Pas simple, ce premier pas vers la réconciliation.

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