Belgique

Au terme de sa libération conditionnelle, Michelle Martin doit-elle partir à l’étranger pour se réinsérer ?

Michelle Martin ne va bientôt plus devoir rendre de comptes à la justice

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23 août 2022 à 11:45Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle avec David Brichard

Michelle Martin s’apprête à retrouver une liberté pleine et entière. Depuis août 2012, l’ex-épouse de Marc Dutroux bénéficiait d’une mesure de libération conditionnelle. Dix ans plus tard, cette mesure arrive à son terme. Pénalement, Michelle Martin a purgé sa peine. Elle peut désormais voyager et n’a plus de compte à rendre à la Justice mais devra continuer à indemniser les parties civiles.

Voilà sur le plan du principe, en pratique la réalité reste complexe car porter le nom de Michelle Martin établit immanquablement un lien avec "l’affaire Dutroux" et ses six victimes : Julie Lejeune, Mélissa Russo, An Marchal, Eefje Lambreckx, Sabine Dardenne et Laetitia Delhez.

Vains efforts pour se réinsérer en Belgique

Pour Suzanne Moreau, ancienne magistrate namuroise qui s’est impliquée dans le projet de réinsertion de Michelle Martin, au terme de la sanction pénale, le constat est sans appel, en Belgique ses difficultés de réinsertion ne disparaîtront pas : "Elle a accumulé les possibilités de pouvoir être autonome, de ne plus devoir dépendre financièrement de l’aide publique, elle a les compétences, les capacités, les diplômes mais jusqu’ici elle n’a jamais pu être engagée quelque part".

Partir à l’étranger pour se faire oublier

Malgré les efforts déployés d’un petit cercle qui a permis à Michelle Martin de se fondre discrètement dans la région où elle a élu domicile, sur le plan de la réinsertion professionnelle, c’est un constat d’échec. Michelle Martin a malgré tout pu terminer les études entamées et effectuer quelques activités bénévoles mais sans parvenir à décrocher durablement un emploi.

Pour Suzanne Moreau, même si Michelle Martin a payé sur le plan pénal sa dette à la société, encore doit-elle parvenir à se faire (ré) accepter dans la société, une mission quasi-impossible compte tenu de la gravité des faits et de leur médiatisation. L’affaire Dutroux reste profondément ancrée dans la mémoire collective rendant toute idée de réinsertion illusoire, la seule perspective qui se dessine dès lors serait pour elle de partir à l’étranger : " si elle pouvait maintenant qu’elle n’a plus de conditions mises à sa libération aller quelque part où on ne la connaît pas, où on ne connaît pas ou plus l’affaire Dutroux" suggère Suzanne Moreau, mais un pas difficile à franchir estime-t-elle tenant compte de l’âge de Michelle Martin, 62 ans, et de ses liens familiaux en Belgique.

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