Emploi

Aux États-Unis, les métiers de la mort fascinent la jeunesse

Aux États-Unis, les métiers de la mort fascinent la jeunesse.

© Nikola Stojadinovic

16 sept. 2022 à 13:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

La pandémie de Covid-19 et les millions de décès qu’elle a entraînés ont ébranlé notre rapport à la mort. Elle a également suscité des vocations chez les jeunes Américains. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se lancer dans le secteur des pompes funèbres.

Les "sciences mortuaires" attirent les moins de 40 ans

Le phénomène est tel que les universités américaines qui dispensent des formations funéraires voient le nombre d’étudiants augmenter. Les nouvelles inscriptions dans les programmes de sciences mortuaires ont bondi, à l’échelle nationale, de 24% entre 2020 et 2021, d’après l’American Board of Funeral Service Education (AFBSE).

Et ce n’est qu’un début. De nombreux Américains de moins de 40 ans sautent le pas et se reconvertissent dans le marché de la mort. Par vocation, bien sûr, mais aussi par ambition.

Avec près de 3 millions de décès par an, le secteur se porte bien.

Le marché est même estimé à 16 milliards de dollars aux États-Unis. Ce chiffre est amené à augmenter avec l’arrivée en fin de vie de la génération du baby-boom.

La santé florissante du business de la mort participe aussi à son attractivité. Même si les salaires restent peu élevés : comptez 48.950 dollars par an pour les conseillers et autres employés funéraires contre 74.000 dollars pour les directeurs d’agence de pompes funèbres.

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Un job assuré !

Malgré cela, s’engager dans cette voie est la garantie de trouver du travail rapidement. "La pénurie de main-d'œuvre est si grave à l'heure actuelle que le taux de placement des diplômés des programmes [de formation funéraire] est de 90%", a expliqué Leili McMurrough, directrice des programmes au Worsham College of Mortuary Science et présidente du comité d'accréditation de l’AFBSE, à CNN

A cela s’ajoute le vieillissement de ceux qui sont dans la profession depuis des années. "Plus de 60% des dirigeants d’entreprise de pompes funèbres ont déclaré qu'ils prendront leur retraite dans cinq ans. C'est beaucoup", a déclaré Randy Anderson, président de l'Association nationale des directeurs de pompes funèbres, au média américain.

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Mieux accueillir la mort

La crise du Covid a aussi considérablement accéléré la prise de conscience du grand public sur le sens – et la grande utilité – qu’ont les métiers de la mort. Au plus fort de la pandémie, l’épreuve du décès a été particulièrement éprouvante pour les familles et les proches. Beaucoup ont été fortement affectés par les images de cercueils entassés dans des fosses communes, les inhumations en petit comité ou encore les cérémonies déshumanisées et bâclées à la chaîne. D’où cet afflux de vocations.

Cette nouvelle génération de professionnels, plus jeune et féminine que les précédentes, est déterminée à réparer le traumatisme de la pandémie tout en levant le tabou autour de la mort.

C’est pourquoi certains comme @mybloodygalentine et @hollisfuneralhome se lancent sur TikTok, le réseau social préféré de la jeunesse. Ils y publient des vidéos explicatives sur leur quotidien et répondent aux questions que se posent les internautes sur les rituels funéraires. Une façon innovante d’apprendre à mieux accueillir la mort.

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