Chronique cinéma

Avec "Gli Anni Più Belli", Gabriele Muccino trinque à "nos plus belles années"

© © Tous droits réservés

02 févr. 2022 à 07:58Temps de lecture3 min
Par Nicolas Buytaers

Comme chaque mercredi, Nicolas Buytaers nous présente sa sélection de films parmi les sorties cinématographiques de la semaine.

Chronique cinéma

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Gli Anni Più Belli

Tout commence dans les années 80. Giulio, Paolo et Riccardo ont 16 ans et l’avenir devant eux. Ce sont surtout les meilleurs amis du monde. Sans oublier la jolie Gemma, la petite copine de Paolo. Ensemble, ils partagent tout, les joies et les galères. Mais, la vie passe et on grandit. Gemma et Paolo se séparent bien malgré eux. Adultes, elle est barmaid et lui professeur de latin. Riccardo est ouvrier et milite comme ses parents chez les Communistes. Quant à Giulio, lui qui rêvait de défendre les laissés pour compte, le voilà devenu l’avocat d’un ministre peu recommandable dont il va épouser la fille unique. Les chemins de ces quatre amis ont pris des directions radicalement opposées. Alors quand ils se retrouvent en 2022, ils doivent apprendre à pardonner… ou plutôt à se pardonner leurs erreurs…

Ce film, intitulé en français "Nos plus belles années", est signé par le réalisateur romain Gabriele Muccino, qui a toujours aimé raconter des histoires de familles et de groupes d’amis… Des histoires vécues à travers les décennies. Il est, entre autres, le réalisateur de "L’ultimo bacio" ("Juste un baiser") mais aussi de "The pursuit of happyness" ("À la recherche du bonheur") avec Will Smith.

Muccino a un sens de la narration qui vous emporte. Il passe en revue les années avec une fluidité dingue. Ces films balancent toujours, en vrac et dans le désordre, entre émotion, douceur, poésie, rires, larmes, vérités et contextes historiques importants (comme la chute du mur de Berlin, les années Berlusconi, le 11 septembre). Dans "Nos plus belles années", on retrouve tout cela avec bonheur. Le spectateur a même l’impression d’être le 5e larron de la bande. Car ce qu’ils vivent, on l’a tous connu. Sans être mélancoliques ni nostalgiques, dans ce film (sur le temps qui passe, nos amitiés, nos amours, nos illusions et désillusions), Giulio et les siens n’ont qu’un principe, trinquer uniquement… aux choses qui rendent heureux !

Loading...

La dernière tentation des Belges

C’est l’histoire d’un père et de sa fille qui se retrouvent au bord d’une falaise. La fille veut sauter mais pour l’en empêcher, son père va lui raconter des histoires… des histoires drôles, tendues, érotiques… Il va surtout lui raconter son histoire, sa vie et tenter de comprendre quand est-ce qu’ils ont cessé de ne plus se parler !

"La dernière tentation des Belges" est inspiré d’une histoire vraie et triste, celle du suicide de la fille de Jan Bucquoy, le plus inclassable des réalisateurs belges. En nous racontant son histoire, Bucquoy nous parle de la famille, de la présence des uns et des autres, de l’importance de se parler mais aussi et surtout de s’écouter. Alors il le fait à sa manière, une manière totalement décalée. Parfois drôle, parfois tendre, avec ses plans fixes et ses cadres qui ne bougent pas, ce film nous propose une version théâtrale de la vie, avec des acteurs étonnants comme Wim Willaert (un acteur flamand touchant), Alex Vizorek et la chanteuse Alice Dutoit, plus connue sous le nom d’Alice on the Roof. Elle incarne la fille du réalisateur, toute en retenue et terriblement juste.

Loading...

L’événement

"L’événement" a créé l’événement en remportant le Lion d’or à la dernière Mostra de Venise.

Ce film nous raconte l’histoire d’une jeune fille comme les autres. Elle s’appelle Anne et est une étudiante brillante.

Mais Anne tombe enceinte. Alors que ses camarades se demandent comment elles et ils vont réussir leurs examens, Anne se demande ce qu’elle doit faire ? Nus sommes en 1963 et la France de cette époque-là n’accepte pas les filles-mères et ne reconnaît pas encore le droit à l’avortement…

Ce film, "L’événement", de la réalisatrice Audrey Diwan, est aussi beau que fort. Il évoque des sujets d’actualité et lance pas mal de débats autour de la place des femmes, du droit des femmes à disposer de leurs corps, des études (cette scolarité importante pour s’en sortir), etc. Ce film, dur mais juste, esthétique et sombre, ce voyage quasi viscéral en compagnie de cette jeune fille (interprétée par Anamaria Vartolomei), est aussi l’adaptation du roman éponyme d’Annie Ernaux. Une autrice française à (re)découvrir en urgence.

Loading...

Sur le même sujet

Panique est de retour au village et au cinéma avec "Trois histoires de Cowboy et Indien"

Chronique cinéma

"Mort sur le Nil", le grand retour d’Hercule Poirot dans l’une de ses plus célèbres aventures

Chronique cinéma

Articles recommandés pour vous