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Avec la fin du Plan Hiver, 80 enfants et leurs familles doivent quitter un centre d’accueil du Samu Social sans perspective de relogement

Le Samusocial obligé de mettre des personnes à la rue

Le Samusocial obligé de mettre des personnes à la rue

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14 avr. 2022 à 17:50 - mise à jour 15 avr. 2022 à 09:52Temps de lecture2 min
Par Véronique Fievet

Pour les plus démunis, sans papiers ou sans domicile, la fin du plan hiver entraîne chaque année (hors période de pandémie) la fermeture de nombreuses places d’accueil dans les centres du Samu Social. Cette année, il y aura ainsi, dès ce vendredi 15 avril, 330 places de moins dans les centres d’hébergement, dont 135 places destinées aux familles avec enfants.

Ces familles avaient trouvé refuge, le 21 février dernier au centre Beaulieu à Auderghem. A partir de ce vendredi, la capacité d’accueil du centre passera de 300 à 165 places soit 135 de moins qu’aujourd’hui. Un déchirement pour les hébergés et pour les équipes qui les encadraient.

Adrian et sa famille ont eu de la chance. Eux, pourront encore rester cet été dans le centre. Mais d’autres ont déjà fait leurs bagages, sans savoir où ils dormiront demain.

"C’est vraiment très dur d’établir des critères pour choisir qui on va garder et qui doit partir"

C'est le cas d’Ana-Maria, 28 ans et 3 enfants. Elle est originaire de Slovaquie. "Les enfants auraient dû retourner en classe près les vacances mais je ne sais pas où nous serons alors. Nous n’avons pas de famille en Belgique. Nous devrons peut-être dormir dans la rue. Ici, la moitié des gens doivent partir et l’autre moitié peut rester. Moi, je suis tombée du mauvais côté".

Qui reste ? Qui part ? Jimmy Vandael est le coordinateur du centre Beaulieu. Avec ses équipes, il a dû fixer des critères. "Nous avons choisi de mettre à l’abri les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants, celles qui nécessitent des soins médicaux. Les autres vont partir et nous perdrons tous le travail déjà réalisé avec elles, la scolarisation des plus jeunes sera sans doute interrompue."

"Les Ukrainiens ont droit à un traitement de faveur, des papiers, de l’argent. Et nous, alors ?"

Cette année, la fermeture des places d’accueil laisse un goût amer, non seulement aux hébergés mais aussi au personnel d’encadrement. Sébastien Roy, directeur du Samu Social aurait souhaité qu’un geste financier des pouvoirs publics régionaux permette de garder toutes les places ouvertes pendant la belle saison.

"On sait qu’on va nous demander d’accepter des Ukrainiens dans les places d’accueil libérées. Cela pose la question du double standard".

Une formule "deux poids, deux mesures" qui peut s’expliquer par des statuts différents, réfugiés de guerre d’un côté et sans papiers de l’autre… Mais cette différence de statut cache, dans les deux cas, la même vulnérabilité des familles, selon Michel Genet, directeur de l’ONG Médecins Du Monde. "Ce qui nous interpelle, c’est le tapis rouge pour les Ukrainiens (et tant mieux si le tapis est rouge) , et qu’en parallèle on mette 300 personnes à la rue ! Il aurait peut-être fallu une approche globale !".

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