Voyages

Avec la levée progressive des restrictions, les seniors repartent se réchauffer au soleil pendant l'hiver

Avec la levée progressive des restrictions, les seniors repartent se réchauffer au soleil pendant l'hiver.

© Geber86

28 sept. 2022 à 10:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Partir au soleil pour échapper à une facture énergétique trop coûteuse. En Allemagne, une offre de Lidl Voyages a suscité la polémique en Turquie, en proie à une vertigineuse inflation, où le montant d'un loyer mensuel est plus élevé que ce pack séjour tout compris à 599 euros. René-Marc Chikli, président du Syndicat des entreprises du tour operating (France) explique.

 

En Allemagne, il y a quelques semaines, l'offre de Lidl Voyages, qui proposait à ses voyageurs d'échapper à la flambée des prix de l'énergie en passant des vacances de longue durée en Turquie a créé la polémique au pays d'Erdogan. En France, les tours opérateurs pourraient-ils aussi commercialiser des séjours à prix cassés dans le même esprit ?

René-Marc Chikli : Il n'y aura pas de promotion spécifique pour la simple et bonne raison qu'il existe déjà des voyageurs choisissant d'opter pour des séjours de longue durée afin de passer l'hiver ailleurs qu'en France. A l'époque où le prix du fuel flambait, des consommateurs préféraient déjà éviter de payer trop cher en partant en Tunisie. En basse saison, les prix sont déjà très avantageux quand on choisit cette destination. On ne peut donc pas proposer des séjours à prix plus cassés. Et le constat est identique au Maroc, où il n'y aura pas d'offre particulière.

Les touristes concernés trouvent-ils "refuge" dans d'autres pays ?

Le Maroc et la Tunisie sont les deux destinations qui captent ce type de voyageurs tout simplement parce qu'il n'y a aucune barrière de langue. Certains se rendent au Portugal mais ils disposent en général de notions d'anglais. En ce qui concerne les Allemands, on parle de la Turquie parce que les Turcs parlent allemand. La Turquie, c'est en somme la Tunisie des voyageurs allemands.

Quel est le budget moyen à consacrer pour ce type de tourisme ?

Le coût du vol est amorti rapidement puisque les voyageurs partent pour trois mois. Côté hébergement, le budget s'évalue à 200 euros la semaine. Les hôtels pratiquent des tarifs très attractifs, avec des formules all-inclusive.

A quelle période ces voyageurs s'envolent-ils et quand reviennent-ils en France ?

En général, ils décollent au mois de novembre et reviennent pour Pâques. C'est un comportement qui a bien sûr disparu au moment de la crise sanitaire mais qui réapparaît avec la fin des restrictions. Avant le Covid-19, on rencontrait déjà ce profil de touristes. Ce sont des retraités qui sont concernés.

Depuis quand ce type de tourisme existe-t-il ? Est-il lié à l'explosion des compagnies aériennes low-cost ?

Je me souviens qu'en 1995-1996, il y avait du personnel permanent qui travaillait dans les clubs de vacances Eldorador. Le marché du low-cost dans l'aérien n'était pas encore ce qu'il est aujourd'hui mais les tours opérateurs proposaient des charters. Les prix des billets d'avion étaient déjà très accessibles. Le low-cost n'a fait que reprendre la stratégie économique des charters.

A l'heure du télétravail, ne pourrait-on pas imaginer de plus jeunes voyageurs suivre le chemin de leurs aînés et goûter à ce tourisme énergétique ?

Pendant la crise, on a énormément parlé de ces télétravailleurs partis bosser aux Canaries. Mais il faut arrêter de transformer un épiphénomène en marché ! Nous ne sommes plus en confinement et les salariés doivent généralement refaire du présentiel...

 

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous