RTBFPasser au contenu
Rechercher

Fenêtre sur doc

Aya : portrait d’une jeune fille qui se bat pour son île en sursis

Aya
16 avr. 2022 à 07:01 - mise à jour 16 avr. 2022 à 09:48Temps de lecture2 min
Par Anne Schiffmann

Aya grandit avec sa mère sur l’île de Lahou au large de la Côte d’Ivoire. Joyeuse et insouciante, elle aime cueillir des noix de coco et dormir sur le sable. Son paradis est voué à disparaitre sous les eaux mais Aya ne veut pas vivre ailleurs. A travers ce très beau portrait, ce film nous alerte sur les conséquences concrètes du changement climatique.

Aya: un documentaire fiction de Simon Coulibaly Gillard à voir le samedi 16/04 à 22h45 sur La Trois dans Fenêtre sur doc et à revoir sur Auvio

Bande-annonce AYA de Simon Coulibaly Gillard (ACID Cannes 2021)

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Situé au large de la Côte d’Ivoire, à 150 kilomètres d’Abidjan, le village de Lahou est établi sur le sable. Chaque année, l’Atlantique avance de deux mètres sur la presqu’île habitée par près de 7 000 pêcheurs et planteurs.

 

L’augmentation des eaux est une conséquence indirecte du réchauffement climatique. Les villageois connaissent le danger, certains migrent vers la capitale mais d’autres ne veulent pas abandonner la terre de leurs ancêtres.

La mer n’a qu’à venir, moi je reste ici

Parmi eux, Aya qui vit avec sa mère et son petit frère. Les pieds plantés dans le sable, Aya est une jeune fille solaire de 13 ans, le regard tantôt rieur, tantôt inquiet, elle proclame qu’elle ne quittera pas son île même si les vagues menacent sa maison. " La mer n’a qu’à venir, moi je reste ici " dit Aya à sa mère. " Je ne vais nulle part, je reste dans mon village, ne veux pas abandonner Lahou " déclare-t-elle à des vieux villageois qui lui expliquent que jadis ils vivaient dans une vraie ville dont aujourd’hui il ne reste que " les miettes d’un village ". 

Aya et son ami Junior
Aya et son ami Junior © Tous droits réservés

Aya ma fille, si tu pouvais devenir quelqu’un, tu serais qui ? Je serais moi-même" répond Aya . Entre documentaire et fiction, ce film aux images magnifiques, nous offre un très beau portrait de femmes fortes face à l’adversité. L’océan est l’autre personnage principal de ce film, filmé avec une telle virtuosité qu’on le vit avec tous nos sens. L’océan, qui est à la fois source du danger pour Aya et les autres habitants du village et à la fois leur allié puisqu’il apporte le poisson, principale source de revenus.  

Aya, c’est aussi l’histoire d’un village qui sent abandonné par l’Etat, où les gens montent et démontent leurs maisons de fortune au rythme de l’avancée de la mer. L’histoire d’une île où à la nuit tombée, on déterre les morts des cimetières pour qu’ils ne soient pas engloutis par la mer.  

Aya, c’est surtout l’histoire d’une jeune fille qui se bat pour garder le paradis presque perdu de son enfance, simple et heureuse. Le film fait aussi le récit d’un arrachement qui nous rappelle que tout exil commence par un sacrifice. Un film qui nous rappelle avec force que le réchauffement climatique n’est pas une vue de l’esprit.

Doublement primé lors de la dernière édition du FIFF (Festival International du Film Francophone) à Namur, ce film décroché de nombreux prix sur la scène internationale et salué par la critique.

Produit par Michigan Films et Kidam en coproduction avec la RTBF / Canal + Afrique / Shelter Prod et Dérives

Sur le même sujet

« En route pour le milliard » : hommage au combat des victimes de la guerre au Kivu

Fenêtre sur doc

« ÉCLAIREUSES » : un documentaire au cœur d’une petite école pas comme les autres

Fenêtre sur doc

Articles recommandés pour vous