Monde

Babi Yar, le premier grand massacre de la Shoah par balles

27 janv. 2022 à 08:59Temps de lecture2 min
Par Aurélie Didier

Le 27 janvier, c’est la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Cette date coïncide avec le jour de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Entre 1941 et 1945, environ 6 millions de personnes, principalement des juifs, seront tuées par les nazis. La plupart de ces victimes sont décédées dans les camps d’extermination. Mais, une grande partie ont aussi été tuées lors de ce qu’on appelle " la Shoah par balles ".

Babi Yar, symbole de la Shoah par balles

En 1941, l’Allemagne nazie envahit l’Union soviétique. La Wehrmacht entre dans la ville de Kiev en septembre. Le 29, les occupants nazis ordonnent aux juifs de Kiev de se rassembler, avec leurs affaires personnelles. Ils sont emmenés près de ravins sur le site de Babi Yar. C’est là que le massacre commence. Les nazis les tuent avec des fusils. Babi Yar reste l’un des massacres les plus emblématiques de cette " Shoah par balles ". En deux jours, les nazis exécutent près de 34.000 juifs. Leurs corps sont jetés dans les ravins.

Site de Babi Yar, Ukraine
Site de Babi Yar, Ukraine © Aurélie Didier

Entre 1941 et 1944, entre 120.000 et 150.000 personnes, des juifs mais aussi des Tsiganes et des prisonniers sont fusillés dans le pays.

" En Ukraine, il y a eu plusieurs centaines de Babi Yar, des petits Babi Yar dans beaucoup de petites villes. Pourquoi est-ce si important de s’en souvenir ? Parce que maintenant les nouvelles générations ne savent pas ce qu’il s’est passé. Et si on ne sait pas, si on ne s’en souvient pas, cela peut se reproduire à nouveau. ", insiste le plus grand Rabin d’Ukraine, Moshé Reuven Azman.

80 ans après, la liste des noms de dizaine de soldats nazis

Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités soviétiques occultent les massacres des juifs de Babi Yar. La situation n’évolue qu’après l’éclatement de l’URSS en 1991. Progressivement, des recherches sont menées en Ukraine avec des universitaires occidentaux et des associations juives.

Des monuments sont érigés à la mémoire des victimes. Et cette année, pour les 80 ans du massacre en septembre 2021, le nouveau centre de commémoration de la Shoah a publié une liste de noms de dizaines de soldats nazis qui ont participé à la tuerie.

Site de Babi Yar, Ukraine
Site de Babi Yar, Ukraine © Aurélie Didier

Sur le site de Babi Yar, un mur des lamentations a été érigé afin de se souvenir. Pour ces juifs d’Ukraine et d’Europe, les mouvements militaires russes, occidentaux et américains font craindre le pire.

" Aujourd’hui à la frontière ukrainienne, il y a des soldats, des armes qui veulent prendre la liberté des gens. Babi Yar, c’est bien sûr le passé mais c’est aussi une alarme pour le futur", prévient Alexander Benjamin, directeur de l’Association Juive Européenne (EJA) en Belgique.

L’Ukraine qui se souvient du passé, c’est aussi important stratégiquement et politiquement. Cela permet au pays de se rapprocher encore plus de l’Europe et de sa mémoire collective de la Shoah. Les Ukrainiens font en effet tout pour renforcer leurs liens avec les alliés occidentaux face à la Russie.

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