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Les Grenades

Backlash : pour les droits des femmes, "rien n’est jamais acquis"

Les Grenades - Série d'Eté

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11 juil. 2022 à 05:57Temps de lecture38 min
Par Mathieu Neuprez, une chronique pour pour Les Grenades

Non, rien n’est jamais acquis.

C’est en tout cas ce que nous apprend la théorie du backlash, qui a vu le jour aux États-Unis. Elle a été mise sur papier par la journaliste Susan Faludi dans un essai toujours d’actualité de nos jours, Backlash : la guerre froide contre les femmes. Le backlash en fait, c’est le retour de bâton, le retour de flammes, un retour un arrière, un recul dans ce qui avait été obtenu de haute lutte par les féministes d’autrefois.

Si nous sommes encore loin du scénario catastrophe à "La servante écarlate", ce livre de Margareth Atwood décrivant une société américaine dystopique régie par une dictature religieuse où les femmes fertiles sont réduites en esclavage, l’œuvre de Susan Faludi est néanmoins brandie comme un symbole, et comme un avertissement, par les féministes.

Les droits des femmes menacés

Aux États-Unis d’ailleurs, la Cour Suprême a tout simplement annulé le jugement Roe contre Wade, qui protège les droits des femmes à avorter. Nous sommes en 2022 et un droit acquis, celui de laisser aux femmes le droit de disposer de leur corps, est remis en question.

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Des manifestantes se rassemblent le 24 juin 2022 devant la Cour Suprême américaine contre la révocation du droit à l’avortement.
Des manifestantes se rassemblent le 24 juin 2022 devant la Cour Suprême américaine contre la révocation du droit à l’avortement. Getty Images

Plusieurs retours en arrière avaient déjà été actés par des gouvernements conservateurs, voire réactionnaires ces dernières années. En Pologne, par exemple, en janvier 2021, le gouvernement a décidé d’une interdiction presque totale de l’IVG. Concrètement, les femmes ne peuvent plus avorter qu’en cas de viol, d’inceste ou si la vie de la mère est en danger. Et encore, les médecins polonais seraient désormais réticents à pratiquer l’avortement, même en cas de danger vital, de peur d’être tenus responsables d’un acte illégal.

Des pays tels que le Brésil, la Lituanie, la Roumanie ou la Slovaquie ont tous significativement restreint le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans cette même période.

"Il suffira d’une crise"

On nous avait prévenu·es : Simone de Beauvoir écrivait déjà dans Le Deuxième Sexe : “N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

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Et les crises, on peut dire que ce n’est pas ce qui nous a manqué ces dernières années. Crise économique, crise migratoire et surtout crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19. En Belgique, comme un peu partout dans le monde d’ailleurs, le confinement a été généralisé.

Avec lui, les violences conjugales et intrafamiliales ont explosé puisqu’on estime que les appels aux services d’aide aux victimes ont été multipliés par trois durant le confinement en Belgique.

Au sujet de l’interruption volontaire de grossesse, en Belgique, on parle plutôt d’assouplir la législation relative à l’IVG (même si ce n’est pas encore gagné)…

En tout cas, jusqu’à la prochaine crise.

Cette chronique a été écrite pour la troisième saison des émissions d’été des Grenades, tous les dimanches de l’été de 17h à 18h sur La Première-RTBF.

Si vous souhaitez contacter l’équipe des Grenades, vous pouvez envoyer un mail à lesgrenades@rtbf.be

Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d’actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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