Bal tragique à la Toison d'or. Bientôt un mort ?

05 oct. 2020 à 06:29 - mise à jour 05 oct. 2020 à 06:29Temps de lecture3 min
Par Bertand Henne

Le Week-end a été rude pour George Louis Bouchez suite au tollé suscité par l’annonce du Casting au MR. Il est ouvertement remis en cause par plusieurs personnalités du parti. Mais il n’est pas du tout certain qu’il doive quitter la présidence. L'homme est blessé, gravement. Mais pas encore politiquement mort. Car même très affaibli, Georges Louis Bouchez a obtenu le soutien de la famille Michel. Une solution de présidence encadrée par les quatre chefs de file a donc été proposée : Sophie Wilmès, Willy Borsus, Pierre Yves Jeholet et Alexia Bertrand.

Une solution d’encadrement qui revient à donner raison à tous ceux qui durant la négociation ont pointé les problèmes liés à la personnalité de Georges Louis Bouchez et exigé là aussi une tutelle, un encadrement.

Déjà-vu

Un président libéral contesté après avoir dégommé une élue ? Un président qui résiste et propose plus de collégialité pour apaiser les choses ? Ça ne vous rappelle rien ? Mais si c’était Didier Reynders quand il a viré Christine Defraigne de son poste de cheffe de groupe au Sénat en 2009. Didier Reynders était le mentor de Georges Louis Bouchez a donc été formé à bonne école. Il sait donc aussi comment résister aux tempêtes en place. Ecoutez le discours de Didier Reynders en 2009

J’ai déjà dit plusieurs fois que je ne quitterai pas la présidence. La voie de l’apaisement ce n’est pas se demander les uns aux autres de démissionner. L’apaisement c’est trouver ensemble la meilleure manière de travailler.

A l’époque l’apaisement proposé par Didier Reynders ne s’est pas produit, et après des longs mois de combat il a dû céder le pouvoir. Et pourtant les opposants à Didier Reynders étaient moins majoritaires qu’aujourd’hui. Beaucoup moins, mais ils étaient organisés et avaient un candidat alternatif à proposer : Charles Michel. Et il est parvenu ses fins.

A la différence de Didier Reynders, Georges Louis Bouchez à cette fois-ci réussit à se mettre une majorité des élus à dos. Et puis à la différence de Didier Reynders, il a commis plusieurs fautes majeures. Lors des négociations et lors du casting. Il est très affaibli et publiquement humilié. De plus, il est devenu pour les socialistes et les écologistes un partenaire instable. La menace de se passer du MR dans les régions n'est pas du tout écartée. Elle explique aussi la grande tension chez les élus Wallons. Tension moins forte à Bruxelles.

Et pourtant, malgré tout ces éléments, Geogres Louis Bouchez pourrait bien rester à la présidence.

Un : les statuts, qui ne prévoient rien pour démettre un président. Même un vote unanime du bureau contre lui ne serait pas suffisant.

Deux : la famille Michel qui souhaite le garder à la présidence (pour l’instant)

Trois : ceux qui voudraient le voir partir, même très nombreux et majoritaires, n’ont pas un candidat évident à proposer (pour l’instant)

Révolution ?

Est-ce que ça pourrait changer ? Le premier point, les statuts, ils sont ce qu’ils sont. Les deux autres points peuvent par contre toujours évoluer oui. Du coup, la journée va permettre de répondre à deux questions importantes.

Un, la famille Michel est-elle encore aussi puissante qu’avant ?

Et deux, les opposants à Georges Louis Bouchez sont-ils suffisamment déterminés pour forcer une élection et présenter une candidature crédible contre lui ? Sachant que Georges Louis Bouchez ne se laissera pas faire et que le parti pourrait se retrouver à feu et à sang.

Et pour répondre à ces questions les opposants à Georges Louis Bouchez doivent se demander d’abord si la proposition de présidence encadrée qui leur est proposée peut fonctionner. Si on se penche sur le précédent de Didier Reynders en 2009, la réponse est simple : non.

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