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Jam

Bambara passe de la noirceur à l’amour avec leur mini-album, "Love On My Mind"

Bambara pour la sortie de leur mini-album, "Love On My Mind"
26 févr. 2022 à 09:005 min
Par Maxime Vandenplas

Rejeton féroce de la scène post-punk new-yorkaise, Bambara sortait ce vendredi 25 février son nouveau projet, "Love On My Mind". Abandonnant les ambiances sombres pour plus de luminosité, le groupe aborde durant 6 titres, le sujet des relations, parfois complexes, entre un homme et une femme. Après avoir bravé les difficultés du confinement, le trio propose à son public, tout en restant fidèle à lui-même, un parcours sentimental aux guitares lourdes. Changement d’ambiance réussi donc, pour un mini-album mélangeant intelligemment histoires personnelles et fiction. Rencontre avec leur chanteur, Reid Bateh.

Salut Reid, dans quel état d’esprit tu es à quelques jours de la sortie de votre mini-album, "Love On My Mind". D’ailleurs, pourquoi ce titre qui semble plus positif que les anciens ?

Reid : Je suis super impatient ! J’ai l’impression d’avoir été congelé dans un cercueil cryogénique depuis 2020. Je me sens simplement à nouveau en vie puisque cette dernière s’est arrêtée juste au moment où nous sortions notre album Stray. En plus, c’est un album dont nous étions super contents. Nous sommes vraiment excités à l’idée de commencer la tournée et de pouvoir jouer nos chansons. Cette pandémie nous a frappés violemment mais là nous apercevons enfin la lumière au bout du tunnel. Nous nous sentons vraiment mieux et nous allons pouvoir continuer à faire de la musique, faire ce que nous aimons.

Le disque contient 6 chansons et je voulais une nouvelle approche pour ce dernier. Utiliser un autre storytelling. Avoir un nombre restreint de morceaux, ça m’a permis d’aborder des sujets plus intimes. C’est une histoire d’amour entre deux personnes. De mon point de vue, rien n’est jamais assez positif. Ceci dit, avoir l’amour dans la tête peut être une bonne comme une mauvaise chose. C’est ce dont l’album parle. Je voulais aussi marquer le coup et montrer qu’il y a des changements dans notre musique. Avec notre album : "Stray", tout tournait autour de la mort et de la destruction. On peut même dire que c’était le cas pour nos 3 derniers projets.

Pourquoi ce changement d’atmosphère dans votre musique ?

Reid : Je vais parler en mon propre nom ici, mais nos derniers albums étaient un peu comme une trilogie. On parlait d’individus seuls et perdus, hantés par des entités qui leur faisaient perdre le contrôle. Dans "Love On My Mind", nous abordons les sentiments qui se passent à l’intérieur des personnes, on ne parle plus de choses extérieures. Au niveau des sonorités, nos influences étaient aussi différentes au moment de l’enregistrement mais se complétaient parfaitement. Ce nouveau virage était très important pour moi. Il est difficile de dire si nous allons continuer dans cette direction. 6 morceaux, c’est vraiment court mais cela s’y prêtait bien pour un disque de ce genre.

Il y a beaucoup de fiction et d’histoires empruntées à d’autres dans le disque. Bien sûr, j’y ajoute aussi des bouts de ma propre vie. Ce n’est donc pas que personnel. Cela reste toujours de la fiction, un cocktail de plusieurs récits. Nous avons toujours l’impression que le dernier album enregistré est le moins sombre et quand on l’écoute plus tard, on se dit qu’en fait, il ne l’est pas tant que ça. En tout cas, une chose est certaine, c’est que nous avons produit ce que nous avions envie de faire. On verra bien ce que le futur nous réserve pour les prochaines sorties.

Pourquoi avoir décidé de sortir un EP et pas un album cette fois-ci ?

Reid : En fait, c’est à cause de la pandémie. Nous avions mis tellement d’effort dans "Stray" que nous étions épuisés. On se disait : "Super, nous allons partir en tournée pour ce nouvel album et à notre retour, nous commencerons à bosser sur un nouveau disque." Puis, quand tout a fermé, nous nous sommes dit que nous devions en profiter pour sortir quelque chose. Nous devions prouver que nous en étions capables. On devait montrer que nous pouvions transformer tout ce qui se passait autour de nous en énergie créative. Nous avons réussi à accoucher de "Love On My Mind" rapidement alors que d’habitude, on aime prendre notre temps. Cependant, nous n’étions pas satisfaits du premier jet et nous avons décidé de le laisser tomber. C’est à ce moment précis qu’on a compris ce que nous voulions réaliser puisque nous avions fait quelque chose dont on n’était pas satisfait.

On peut lire dans le press kit que vous trouviez que le premier enregistrement n’était pas honnête. Qu’est-ce qui vous provoquait ce sentiment ?

Reid : Je pense que nous nous sommes simplement empressés de le faire et avec de mauvaises raisons. Nous avions l’impression que nous devions prouver quelque chose. Tout cela à cause de la pandémie et lié au fait que nous avions l’impression que "Stray" était en train de se perdre. Il y avait un sentiment de désespoir autour de nous. Un autre point important, est que nous nous trouvions tous à des endroits différents. Nous l’avons enregistré à distance. Tous ces éléments ont vraiment bousillé notre énergie et l’étincelle n’était pas présente.

On retrouve une collaboration avec deux chanteuses sur "Love On My Mind", ainsi que des cuivres. D’où vous est venue cette idée ?

Reid : Nous l’avions déjà fait sur notre dernier album. Par contre, je pense que c’était la première fois que nous utilisions un instrument comme le trombone. Je pense aussi que nous n’avions pas envie de faire des titres rock "classiques". Nous voulions colorer les chansons. Les voix féminines permettent de rendre l’album plus complet. Cela donne une image plus juste de l’humanité. Et puis, tu entends quelqu’un d’autre chanter et ça donne plus de charme que seulement d’entendre ma voix et des guitares. En plus, comme "Love On My Mind" parle des relations entre un homme et une femme, ça donne beaucoup plus de crédit à ce dernier.

Nous avons donc collaboré avec Drew Citron (Public Practice). Nous la connaissons depuis toujours. Elle est incroyable. C’est elle que tu peux entendre sur "Stray". On adore sa voix, c’était donc un choix facile pour nous. Il y a aussi Bria Salmena (Orville Peck/Frigs). On se croisait tout le temps par hasard en tournée et nous sommes devenus des très bons amis. Elle a aussi une superbe voix. En fait, les choix étaient assez simples, nous savions déjà avec qui nous souhaitions travailler.

D’ailleurs, nous sommes toujours partants pour explorer de nouveau horizons musicaux. Pourquoi pas la musique électronique, ça pourrait être vraiment cool. Nous pourrions aussi la mélanger avec des instruments symphoniques. Nous ne sommes vraiment pas fermés d’esprit. Je pense aussi que tout cela est plus facile à mettre en œuvre depuis que la situation sanitaire se porte mieux. Il sera plus simple de travailler et de rassembler des gens autour d’un projet.

Bambara a un côté très théâtral lorsqu’on regarde vos clips ou vos concerts. Est-ce que c’est quelque chose que vous allez continuer à travailler ?

Reid : Je pense que nos concerts resteront toujours comme ils le sont. En fait, dès que nous avons de nouvelles chansons et que nous partons en tournée, nous les retravaillons pour le live. On restera toujours sauvage et bien rock. J’imagine que nous allons continuer à faire comme cela tant qu’on le pourra physiquement.

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