Bande Dessinée: La fée assassine – une histoire de vie et de mort

la fée assassine

© lombard

27 févr. 2021 à 06:30Temps de lecture2 min
Par Jacques Schraûwen

Guérit-on de son enfance ?... Peut-on ne garder de nos passés que des souvenances souriantes ?... Ce sont là des questions mises en scène dans cet album prenant !

la fée assassine
la fée assassine le lombard

Sylvie Roge et Olivier Grenson vivent en couple, et c’est avec une belle complicité qu’ils ont construit un album sombre et puissant.

Olivier Grenson a à son actif quelques séries connues : Niklos Koda et Carland Cross. Sylvie Roge elle, en est à son premier scénario. Et leur collaboration artistique est une belle réussite.

La fée assassine, c’est un livre fait de contrastes, de contraires, d’ombres et de lumières. Tout commence un soir de Noël. Pendant que son mari Thibaut est de garde à l’hôpital, Fanny reçoit sa sœur jumelle et sa mère pour le réveillon. Jusque là, rien que de très normal. Mais Thibaut, en pleine nuit, est convoqué par la police. Fanny, son épouse, a assassiné sa mère et sa sœur… Et le livre, alors, peut commencer !

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Cela a l’air d’un polar, mais cela ne l’est pas…

C’est un drame psychologique, avec une construction très particulière. L’histoire est racontée par Fanny elle-même, à son avocat. C’est un peu comme si le lecteur entrait dans une existence qu’il ne découvre que par bribes, au fil d’une mémoire fragmentée, au gré des souvenances et des mélancolies d’une femme dont la seule chose qu’il sait, au départ, c’est que c’est une meurtrière. Sylvie Roge fait de son scénario un puzzle que ses personnages autant que les lecteurs se doivent de compléter. Elle prend le temps de donner chairs et émotions à ses protagonistes, elle nous parle de gémellité, de bipolarité, de l’amour, qui n’est qu’un jeu perdant pour des joueurs perdus. C’est un livre très littéraire, c’est un portrait à rebours d’une existence dont on sait, dès le départ, qu’elle se termine dans l’horreur…

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Le dessin parvient à accompagner parfaitement le scénario, tout en étant d’une évidente pudeur.  Olivier Grenson use de la couleur pour retrouver l’enfance et ses joies éphémères. Les couleurs, quelque peu surannées, permettent à cette tranche de vie, horrible, de parler à tout un chacun…

Olivier Grenson

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la fée assassine le lombard

C’est un livre qui parle de la mort en racontant la vie. Un livre qui détruit les poncifs pour raconter la vie des jumeaux. Un livre de femmes au travers de l’écoute qu’en ont les hommes. Le récit d’une seule âme dans deux corps, mais avec une brisure inaltérable. C’est un livre puissant, extrêmement bien écrit et dessiné, un livre qu’il faut prendre le temps de lire, de regarder, de savourer…

 

Jacques Schraûwen

La fée assassine (dessin et couleur : Olivier Grenson – scénario : Sylvie Roge – éditeur : Le Lombard – février 2021 – 190 pages)

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