Barack Obama à la convention démocrate : Donald Trump n’a "jamais" pris son rôle au sérieux

Barack Obama en mai 2020.

© Getty Images

19 août 2020 à 21:51 - mise à jour 20 août 2020 à 06:03Temps de lecture3 min
Par AFP

Le visage grave, Barack Obama a prononcé, à 75 jours du scrutin, un sévère réquisitoire contre le milliardaire républicain qui lui a succédé à la Maison Blanche le 20 janvier 2017.

Au-delà du discours du 44e président, très attendu, la convention nationale démocrate a aussi accueilli  la sénatrice Kamala Harris, colistière de Joe Biden, qui portera les couleurs démocrates le 3 novembre.

"J’ai espéré, pour le bien de notre pays, que Donald Trump puisse montrer l’envie de prendre son rôle au sérieux, qu’il puisse ressentir le poids de la fonction", a affirmé M. Obama, nettement plus jeune que les deux candidats en lice mais déjà retraité de la politique. "Mais il ne l’a jamais fait", a ajouté M. Obama, troisième ex-président à soutenir Joe Biden à la convention après Bill Clinton et Jimmy Carter.

"Les conséquences de cet échec sont graves : 170.000 Américains morts, des millions d’emplois perdus, nos pires instincts libérés", a-t-il ajouté depuis Philadelphie, accusant son successeur d’avoir utilisé la présidence comme "un show de télé-réalité de plus".

Tweets de Trump en réponse

Pendant le discours de Barack Obama, Donald Trump a multiplié les tweets colériques, en lettres capitales, accusant en particulier son prédécesseur de l’avoir espionné pendant sa campagne.

Quelques heures plus tôt, après la diffusion d’extraits du discours, il avait déjà répliqué avec force. "Quand j’entends cela et que je vois l’horreur qu’il nous a laissée, la stupidité des accords qu’il a conclus…", avait-il réagi. "Regardez comme il était mauvais, à quel point il fut un président inefficace".


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Prise de parole d’Hillary Clinton

Le locataire de la Maison Blanche a aussi ironisé sur "Hillary la crapule", surnom moqueur dont il affuble Mme Clinton, avant même la diffusion de son discours.

L’ex-candidate malheureuse, qui a échoué il y a quatre ans à devenir la première présidente des Etats-Unis, a elle aussi pris la parole lors de cette étrange convention sans public.

"Depuis quatre ans, les gens me disent 'Je n’avais pas réalisé combien il était dangereux' […] ou pire 'J’aurais dû voter'", a-t-elle déclaré, appelant à un sursaut pour éviter que les lendemains de l’élection ne soient, une nouvelle fois, ceux de la déception et des regrets.


►►► A lire aussi : Quels sont les principaux atouts de Kamala Harris pour aider Joe Biden à devenir président des Etats-Unis ?


En face, Donald Trump continue à jouer l’effet de contraste avec celui qu’il surnomme "Sleepy Joe" en multipliant les déplacements, du Wisconsin à l’Arizona.

L’effacement de M. Biden, la rareté de ses sorties de son domicile et le fait qu’il n’organise pas de conférences de presse sont devenus l’un des principaux arguments des républicains pour tenter d’affaiblir ce grognard de la politique qui caracole en tête des sondages.

La grand-messe démocrate, organisée cette année totalement en ligne en raison du Covid-19, est censé monter en puissance jusqu’au discours final jeudi de Joe Biden, 77 ans.

Barack Obama tacle Donald Trump à la Convention démocrate, le 19 août 2020 (extraits - anglais)

Barack Obama tacle Donald Trump à la Convention démocrate, le 19 août 2020 (extraits - anglais)

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Traduction de Barack Obama, ancien président américain : (à propos de Donald Trump) "Depuis près de quatre ans maintenant, il n'a montré aucun intérêt à se mettre au travail, aucun intérêt à trouver un terrain d'entente, aucun intérêt à utiliser le pouvoir incroyable de son bureau pour aider qui que ce soit d'autre que lui et ses amis, aucun intérêt à traiter la présidence comme autre chose qu'une émission de télé-réalité de plus qu'il peut utiliser pour obtenir l'attention qu'il convoite. " - 
"Donald Trump n'a pas progressé dans son poste parce qu'il n'en est pas capable. Les conséquences de cet échec sont graves: 170.000 Américains morts, des millions d'emplois perdus, nos pires instincts libérés, notre glorieuse réputation autour du monde grandement ternie et nos institutions démocratiques menacées comme jamais." -
 "Laissez-moi donc vous parler de mon ami Joe Biden. Il y a douze ans, quand j'ai commencé à chercher un vice-président, je ne savais pas que je finirais par trouver un frère. Joe et moi venons de milieux et de générations différents, mais ce que j'ai rapidement admiré chez Joe Biden, c'est sa résilience, née de bien trop de luttes ; son empathie, née de bien trop de chagrin." - 
"Il a fait de moi un meilleur président et il a le tempérament et l'expérience nécessaires pour faire de nous un meilleur pays. Et en mon amie Kamala Harris, il a choisi une partenaire idéale qui est plus que préparée pour ce poste. Quelqu'un qui sait ce que c'est que de surmonter des obstacles et qui a fait carrière en se battant pour aider les autres à réaliser leur propre rêve américain." -
"Joe et Kamala vont nous redonner notre place dans le monde. Et comme nous l'avons appris de cette pandémie, c'est important. Joe connaît le monde et le monde le connaît. Il sait que notre véritable force vient du fait que nous donnons l'exemple que le monde veut suivre. Une nation qui défend la démocratie, et non les dictateurs. Une nation qui peut inspirer et mobiliser les autres pour surmonter des menaces comme le changement climatique et le terrorisme, la pauvreté et la maladie."

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