L'atelier des muses

Barbara Strozzi, compositrice du XVIIe siècle, farouchement indépendante qui a réussi à vivre de sa musique

22 mars 2022 à 14:43Temps de lecture1 min
Par Hélène Michel

Vers 1630, on présenta à Francesco Cavalli, compositeur déjà célèbre mais aussi professeur estimé, une toute jeune damoiselle de 13 ans du nom de Barbara Valle – qui deviendrait plus tard l’une des compositrices les plus étonnantes de l’histoire de la musique qui sera connue sous le nom de Barbara Strozzi. En 2019 nous avons célébré les 400 ans de la naissance de cette vénitienne, dont la mère était la servante du poète Giulio Strozzi, connu pour être le librettiste de Monteverdi.

"Née d’un père inconnu", comme dit la formule, elle est adoptée par Giulio Strozzi qui va lui donner son nom. Il en fait aussi sa seule héritière, et lui offre une excellente éducation littéraire et musicale. Il la soutient dans ses études, et elle entre par la grande porte à la fameuse Accademia degli Unisoni où elle se forme en tant que chanteuse et compositrice.

Elle est donc encore adolescente lorsqu’elle devient l’élève du célèbre Cavalli, et commence à chanter dans les salons où elle joue également du clavecin et du luth. Elle séduit son public par son intelligence, sa vivacité d’esprit, charisme et ses dons.

Elle chante, mais surtout elle compose. En 1644, à une époque où peu de musiciens impriment leurs œuvres parce que cela coûte cher, elle publie son premier livre de madrigaux. Dans la préface elle écrit : "c’est une première œuvre que moi, en tant que femme, je propose anxieusement au grand jour." D’autres publications vont suivre, et au total elle laissera, entre 1644 et 1664, huit recueils d’œuvres vocales profanes et sacrées, parfois dédiés à de puissants mécènes, et souvent basées sur ses propres écrits, ou ceux de son père adoptif.

Notons qu’elle publie directement sous son propre nom, car dès le début elle décide de ne pas se cacher derrière un pseudonyme masculin pour espérer se faire publier, ce qui en fait une femme moderne, voire une pionnière à son époque.

Jamais mariée, farouchement indépendante, elle sera pourtant mère de quatre enfants et réussira à les élever, et à vivre plus ou moins de sa musique et de ses concerts privés.

L'atelier des muses

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Alice Mary Smith, l’une des premières compositrices britanniques à avoir composé une symphonie

L'atelier des muses

Francesca Caccini, étoile féminine du baroque italien, première compositrice d’opéras

L'atelier des muses

Articles recommandés pour vous