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Baromètre corona: un passage au code jaune est envisageable "dans les premiers jours de mars", selon Pedro Facon

L'invité de Matin Première: Pedro Facon, commissaire Corona

Quelles suites à la gestion sanitaire ?

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17 févr. 2022 à 07:46 - mise à jour 17 févr. 2022 à 09:25Temps de lecture3 min
Par Ambroise Carton sur la base d'une interview menée par Thomas Gadisseux et François Heureux

Pedro Facon, le commissaire Corona, était ce jeudi l’invité de Matin Première. Une interview sur un ton optimiste dans un contexte où tous les indicateurs clé de l’épidémie de Covid-19 "sont en train d’évoluer positivement".

"Pour la charge sur les soins intensifs, on est déjà bien dans l’orange et on va vers le jaune", détaille Pedro Facon qui ajoute que les nouvelles hospitalisations ne sont "pas inquiétantes" non plus vu que "la tendance est bonne".

Dans ce contexte, le commissaire Corona estime qu’on pourra discuter d’un passage de l’orange vers le jaune "dans les premiers jours de mars".

Bientôt la fin du CST ?

Quel avenir, alors, pour le Covid Safe Ticket (CST) ? Le débat est renvoyé au parlement, tout comme celui de l’obligation vaccinale. Une démarche que Perdo Facon juge positive. "Il est très positif qu’il y ait un débat fondamental sur certains outils qu’on utilise et où on peut considérer qu’il y a une infraction sur les libertés."

Le commissaire Corona rappelle que "pour le moment le CST est encore utilisé en code orange. La grande question sera : 'Comment veut-on utiliser un tel outil dans le futur ?' Parce qu’on sait que, quand on passe d’orange vers jaune, le CST ne sera plus utilisé. C’est l’application du baromètre qu’on a développé. Mais la question reste si on a des vagues ou des vaguelettes dans la deuxième moitié de l’année ou même après. Veut-on encore utiliser ce genre d’outil ou pas ?", interroge Pedro Facon. De quoi poser des questions épidémiologiques, éthiques, sociales ou encore politiques.

Mais la fin du Covid Safe Ticket ce n’est pas pour tout de suite. "Pour le moment, en code orange, je n’imagine pas qu’il y aura une décision d’arrêter le CST."

Concernant l’obligation vaccinale contre le Covid-19, Pedro Facon déclare : "Sur base des avis que j’ai demandé au Conseil supérieur de la Santé et au comité bioéthique, les conditions ne sont pas remplies pour passer à une obligation vaccinale. Je ne dirais pas qu’on est trop tard. On a bien fait de ne pas décider en novembre. […] On est au bon moment. On vient avec quand même un peu de distance sur la question, avec tous les avis, toutes les connaissances."

L’objectif reste surtout de préparer l’avenir. "On doit bien voir comment l’épidémie va évoluer. On pense qu’on est dans une transition vers une situation endémique où le virus ne va plus faire imploser notre système de soins de santé. […] Il est important de déjà discuter des possibles scénarios et de la manière dont on pourrait éventuellement avoir cette obligation vaccinale."

Discuter des conditions de cette obligation, des sanctions éventuelles… Pedro Facon voit d’un bon œil le fait que ce débat se mène en dehors d’un contexte de crise. "On doit maintenant réfléchir et se préparer pour les scénarios possibles".

1,19 milliard d’euros en tests PCR : justifié ?

Malgré tout, des milliers de tests PCR sont effectués chaque jour dans notre pays, avec un coût important pour les finances publiques. Cette stratégie a-t-elle encore un sens ? "La réponse est nuancée, répond Pedro Facon. J’ai demandé en décembre une évaluation auprès de l’ECDC [le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, NDLR]. Ils ont fait une évaluation externe de notre stratégie de testing. Ils ont dit qu’on a bien suivi les recommandations, qu’on a eu une stratégie de testing forte."

Il n’empêche, le temps est venu de "se remettre en question. Aujourd’hui, on dépense environ 3 millions d’euros par jour pour les tests PCR". Selon les calculs effectués ce mercredi 16 février par la RTBF, la facture totale pourrait dépasser le milliard d’euros. Réaliste ? "C’est bien possible", reconnaît le commissaire Corona.

Place à l’avenir maintenant. "On doit réfléchir en termes de scénarios. Quand on reste dans un scénario de type Omicron où on a un variant très contagieux mais moins virulent et où on voit que la population est bien protégée par la vaccination et l’immunité, alors on ne doit plus tester tout le monde. Dans le cas actuel on ne doit plus tester tout le monde. […] Je pense que quand on passera d’orange vers jaune, on devra aussi passer avec notre stratégie de testing et notre stratégie de suivi de contact vers une autre manière de travailler. Ça va être moins coûteux et moins interventionniste, il y aura moins de charge pour le citoyen."

Plus largement, "quand on va passer d’orange à jaune, on sera certainement aussi en discussion sur la situation épidémique. La loi pandémie est-elle toujours d’application ou pas ? On est en train d’évaluer les critères de cette loi. Quand on ne sera plus dans cette situation, ça veut aussi dire que normalement la phase fédérale de la gestion de crise s’arrête. Ça veut dire que chaque entité, gouvernement, département devra gérer dans son domaine les aspects de la gestion de crise qui restent. Par exemple le port du masque dans les transports publics. Ce ne serait plus coordonné via le Codeco [Comité de Concertation, NDLR] ou via le commissariat [Corona], mais plutôt via les ministres compétents".

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