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Basket-ball : la Mons-Arena futur Stade Roi Baudouin des Lions? "Tout ne peut pas partir en Flandre!"

Thierry Wilquin au coeur de sa deuxième maison: la Mons-Arena!

Quelques jours après la qualification des Belgian Cats pour la prochaine Coupe du Monde féminine, programmée en Australie l'automne prochain, notre équipe nationale messieurs de basket-ball va tenter d'en faire tout autant pour le Mondial masculin (NDLR : la " FIBA Basketball World Cup ") qui se déroulera -lui- en 2023 dans trois pays différents, les Philippines, le Japon et l'Indonésie. Versés dans le groupe A, les Belgian Lions ont remporté leurs deux premiers matches, en Slovaquie (57-83) et contre la Serbie (73-69), à la Mons-Arena. Une Mons-Arena qui accueillera d'ailleurs ce vendredi soir, à 20 heures 30, la rencontre face à la Lettonie. Bonne nouvelle pour le public : la jauge pourra être occupée à 100% (3250 sièges). Il reste encore environ 1000 places disponibles !

D'aucuns, au sud du pays, verrait bien la salle de Mons-Hainaut devenir... le Stade Roi Baudouin de nos basketteurs. A commencer, évidemment, par le manager général du club, Thierry Wilquin, qui réclame cependant des subsides pour que ce rêve devienne réalité. Car, quoiqu’on dise, et sans tomber dans le basique règlement de compte communautaire, les budgets consacrés au sport en Flandre sont bien plus importants qu’en Wallonie… (*Lire en bas de page la réaction de Raphaël Obsomer, le manager général des Belgian Lions)

Thierry Wilquin, alors que les filles viennent de se qualifier pour la Coupe du Monde, jamais les hommes n’ont réussi à le faire. Le moment semble venu, non ?

" S’ils y parvenaient, ce serait en effet une grande première ! L’équipe nationale belge masculine s’est déjà qualifiée pour plusieurs Championnats d’Europe, notamment pour l’Euro prévu en septembre de cette année (NDLR : en Allemagne, Italie, Géorgie et République tchèque), mais jamais pour un Mondial. On a une belle génération qui parvient à se renouveler avec un bon mixte entre les plus anciens bourrés d’expérience et les plus jeunes. Il faut se rendre compte que la plupart des joueurs qui composent notre équipe nationale évoluent à l’étranger dans les championnats européens les plus huppés comme la France, l’Espagne ou la Grèce. Avec une telle équipe, nous avons tout pour nous qualifier. Non seulement nous qualifier mais aussi réaliser des résultats. Que ce soit dans un Euro ou un Mondial, nous pouvons aller chercher des performances qui marqueront le sport belge ! "

Les Cats ont ouvert la voie. Elles ont prouvé une chose : c’est bien quand on a de bons joueurs(euses) et une vraie équipe, c’est encore mieux quand on a une bonne mentalité, et c’est le top quand on a, au-delà de tout ça, de l’ambition.

Les Cats ont-elles vraiment montré le chemin à suivre ?

" Oui, c’est clairement notre équipe nationale féminine qui a ouvert la voie. Elles ont prouvé une chose : c’est bien quand on a de bons joueurs(euses) et une vraie équipe, c’est encore mieux quand on a une bonne mentalité, et c’est le top quand on a, au-delà de tout ça, de l’ambition. Les Cats ont réalisé des résultats étonnants, qui sortent de l’ordinaire. Cette ambition est indispensable si on veut atteindre des objectifs qui paraissent peut-être inaccessibles au départ. "

Interview de Thierry Wilquin qui veut faire de la Mons-Arena le Stade Roi Baudouin des Belgian Lions

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Stade Roi Baudouin borain ?

Notre équipe nationale masculine a joué et gagné ses deux derniers matches à domicile à la Mons-Arena, contre la Lituanie (le 21 février 2020 dans le cadre des qualifications à l’Euro 2022) et la Serbie (le 28 novembre 2021 dans le cadre des qualifications au Mondial 2023). L’objectif est-il de faire de la Mons-Arena le Stade Roi Baudouin des Belgian Lions ?

" Que ce soit le club de Mons-Hainaut ou l’AWBB (NDLR : l’Association Wallonie-Bruxelles de Basket-ball), nous avons tous la volonté de pérenniser la présence des Lions dans notre salle. Du moins pour les éliminatoires de la Coupe du Monde. Et je crois qu’au niveau des joueurs et du staff, la volonté est identique après les victoires convaincantes ces deux dernières années à la Mons-Arena contre la Lituanie et la Serbie, deux équipes du top-10 mondial. Ils veulent, eux aussi, se stabiliser sur Mons car ils y trouvent des installations tout à fait conformes à leurs besoins. Et puis, il y a un public, hors période Covid évidemment, qui prend goût aux matches internationaux. Des habitudes s’installent. Et on espère revoir beaucoup de supporters ce vendredi. "

On connaît l’importance de jouer à domicile en football (la largeur et la longueur du terrain, l’état de la pelouse, la pente parfois…). Qu’en est-il en basket-ball ?

" Il faudrait évidemment poser la question aux joueurs eux-mêmes mais je suis convaincu que c’est important, oui ! Avoir une forme d’habitude dans le cadre des matches de l’équipe nationale est capital car le staff ne peut réunir son groupe que pendant cinq à six jours. Aller au même hôtel, dans les mêmes endroits, dans la même ville et dans la même salle… une salle qui deviendrait LA salle à domicile des Belgian Lions. "

Et qu’est-ce que les dirigeants de Mons-Hainaut ont à gagner dans l’histoire ?

" Il y a d’abord, bien sûr, un intérêt de mettre en évidence nos installations, les très belles infrastructures de notre ville, mais aussi le sport en général et le basket en particulier dans notre région. Il n’y a pas assez d’évènements qui mettent en avant ce qui fonctionne bien et qui est agréable dans notre coin. Et donc, recevoir une équipe nationale est une vitrine exceptionnelle. Pour le club mais aussi pour la ville de Mons qui a un réel pouvoir d’attraction touristique grâce à son patrimoine. La Région wallonne et la Communauté française doivent être parties prenantes du projet pour, elles aussi, valoriser leurs infrastructures et ce qui s’y fait de positif. "

Le basket a évolué ses dix dernières années. Médiatiquement, il s’impose moins qu’avant. L’occasion est donc belle ici de faire parler et reparler du basket ?

" Si on veut attirer les jeunes vers le sport, il faut des locomotives. Et les locomotives, ce sont évidemment les sportifs de haut niveau, les clubs professionnels et les équipes nationales. Il faut les mettre en avant. Vous savez, le sport pro n’est pas uniquement le sport qui offre de gras salaires aux joueurs… du moins, ce n’est pas le cas dans le basket. Et donc, pour attirer les jeunes, il faut leur montrer des choses qui leur parlent. Je crois que ça marche avec une équipe nationale… "

Les Belgian Lions ont réalisé d’excellents résultats récemment contre la Lituanie et la Serbie. C’est d’ailleurs probablement pour ça aussi que notre équipe nationale veut rester dans notre salle… il y a peut-être un aspect un peu fétichiste !

La Flandre plus riche

Pour créer le mouvement, il faut également des résultats. On l’a vu avec les Cats ou encore avec les Red Lions champions olympiques en hockey, les résultats attirent le public et les médias.

" C’est vrai et justement les Belgian Lions ont réalisé d’excellents résultats récemment contre la Lituanie et la Serbie, de grosses pointures sur la planète basket. C’est d’ailleurs probablement pour ça aussi que notre équipe nationale veut rester dans notre salle… il y a peut-être un aspect un peu fétichiste ! Les joueurs se rendent compte que c’est un endroit qui leur convient bien. Pourvu que ça dure le plus longtemps possible. En espérant que le public morde à nouveau à l’hameçon. Si on peut garder les activités des Lions en Wallonie, ce ne sera que du positif. Tout ne peut pas partir chez nos amis flamands ! À un certain moment, nos autorités doivent se rendre compte qu’il faut mettre en évidence ce qui est bien chez nous, soutenir tous les efforts réalisés par l’AWBB pour essayer de garder une grosse partie des activités de l’équipe nationale du côté francophone. "

Vous faites clairement un appel du pied, un appel à l’aide financière, aux autorités wallonnes parce qu’organiser ces matches coûte beaucoup d’argent. Au nord du pays, les clubs volontaires pour recevoir de tels évènement sont bien plus soutenus…

" Oui, on connaît la puissance économique de la Région flamande. Ce n’est pas neuf. Il y a plus de moyens là-bas. Organiser un match de quelque équipe nationale que ce soit, de quelque sport que ce soit, sera d’office beaucoup plus subsidié en Flandre. Pour pouvoir accueillir de tels évènements en Wallonie, nous demandons donc l’aide des pouvoirs politiques car la Région wallonne et la Communauté française y trouveront aussi une façon de se mettre en évidence. Nos infrastructures répondent aux exigences de la FIBA (NDLR : la Fédération Internationale de Basket-ball). Nous devons même voir un peu plus loin : en 2024, les Jeux Olympiques seront organisés à Paris… et Paris, c’est à trois heures de route de Mons, ce qui n’est rien du tout pour une sélection qui chercherait un point de chute pour préparer la compétition. Nous devons donc valoriser ces infrastructures qui pourraient, pourquoi pas, être utilisées dans le cadre des J.O. parisiens. "

La superbe Mons-Arena (3250 places assises) peut-elle devenir le Stade Roi Baudouin des Belgian Lions, les Diables Rouges du basket? C'est en tout la volonté clairement affichée par le club de Mons-Hainaut et l'AWBB.
La superbe Mons-Arena (3250 places assises) peut-elle devenir le Stade Roi Baudouin des Belgian Lions, les Diables Rouges du basket? C'est en tout la volonté clairement affichée par le club de Mons-Hainaut et l'AWBB. Samuël Grulois / RTBF

Il existe en Flandre un fonds chargé de travailler à la promotion de la Région flamande lors d’évènement au caractère international, que ce soit via la culture, le tourisme, le patrimoine ou le sport. Nous devons faire la même chose du côté wallon. On ne peut pas abandonner sous prétexte qu’on a moins de moyens financiers !

Les Mondiaux de cyclisme organisés en septembre dernier en Belgique avaient été baptisés " Flanders 2021 ". La Flandre a clairement cette volonté de " se vendre " au niveau international en y consacrant beaucoup d’argent.

" Il existe en Flandre un fonds chargé de travailler à la promotion de la Région flamande lors d’évènement au caractère international, que ce soit via la culture, le tourisme, le patrimoine ou le sport. Nous devons faire la même chose du côté wallon. On ne peut pas abandonner sous prétexte qu’on a moins de moyens financiers ! On ne peut pas baisser les bras. On doit continuer à se battre. Je suis d’ailleurs totalement solidaire de l’AWBB et prêt à l’aider pour garder chez nous les activités de notre équipe nationale de basket qui peut toujours décrocher son ticket pour la Coupe du Monde. "

Aujourd’hui, la seule certitude, c’est le match contre la Lettonie. Pour le reste de la campagne qualificative, rien n’est acquis, c’est ça ?

" Rien n’est acquis, en effet. Mais il y a une vraie volonté commune entre le club de Mons et notre fédération d’aller vers une pérennisation des prestations de l’équipe nationale à la Mons-Arena, tout du moins pour toute cette campagne qualificative au Mondial, c’est-à-dire jusqu’en février 2023. "

Un partage pourrait satisfaire toutes les parties : les matches des Belgian Cats en Flandre, ceux des Belgian Lions en Wallonie…

 " (Il rit) Ça paraît un bon partage, un bon compromis classique ‘à la belge’ ! Mais nous sommes vite rattrapés par la réalité financière et économique. Et c’est compréhensible… Quand les fédérations francophone et néerlandophone se mettent autour de la table pour faire les comptes, la disproportion est flagrante. Mais je répète qu’on ne peut pas baisser les bras. On ne peut pas accepter, sous prétexte de cette puissance économique, que tout parte vers la Région flamande. "

Finalement, que vous obteniez ces matches ou pas ne changera rien pour Mons-Hainaut…

" Peut-être mais ce serait dommage d’abandonner aussi facilement. Quand on est dirigeant d’un club, on veille à ce que son club se porte au mieux en lui donnant aussi du relief, à lui et à sa région. On ne remplirait pas totalement notre rôle si on ne luttait pas pour continuer à obtenir des évènements dans notre salle, comme par exemple des rencontres de l’équipe nationale. "

*Nous avons contacté Raphaël Obsomer, directeur technique de l’AWBB et manager général des Belgian Lions : En Flandre, il existe un fonds qui permet, à hauteur de 25 millions d’euros par an, de promouvoir des évènements sportifs ou culturels. Au sud du pays, c’est différent… ce fonds n’existe pas et il faut partir à chaque fois à la chasse aux subsides. Dans le cadre de ces qualifications au Mondial 2023, nous avons introduit un dossier auprès de la Communauté française (en charge de la pratique sportive) et un autre auprès de la Wallonie (en charge des infrastructures sportives). Nous espérons recevoir 200 000 euros pour l’ensemble de la campagne qualificative. Vous savez, jouer à domicile coûte environ deux fois plus cher que jouer en déplacement puisqu’il faut respecter le lourd cahier des charges de la FIBA, rétribuer les arbitres, loger les adversaires, etc.)

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