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Cinéma - Interviews

Baz Luhrmann : "Austin Butler ? Il a humanisé Elvis !"

L'interview de Baz Luhrmann pour "Elvis"

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"Elvis" a permis au réalisateur Baz Luhrmann, à la star confirmée Tom Hanks et à la star en puissance Austin Butler de conquérir la Croisette… Après un accueil plus qu’enthousiaste au festival, le film débarque ce mercredi dans nos salles.

Pour sa fresque qui couvre trois décennies de l’histoire de l’Amérique, des fifties aux seventies, Baz Luhrmann a trouvé le bon point de vue, celui de cette association passionnelle, où le Colonel Parker devient presque un père de substitution pour un Elvis ambitieux mais déboussolé. Luhrmann, réalisateur du kitsch et de la démesure – "Roméo + Juliet", "Moulin Rouge", "Gatsby" – se met à 100% au service de son sujet : dépeindre, à travers le mythe Elvis, les paradoxes de l’Amérique, exubérante et puritaine, forte et fragile.

L’interview intégrale

Baz, vous avez eu ce projet depuis de longues années, et ma première question est très simple, pourquoi étiez-vous intéressé par ce biopic ?

Baz Luhrmann : Le fait est que je ne voulais pas faire de biopic, j’adore la manière dont Shakespeare prenait un personnage historique, et le transformait en une idée plus grande. Vous savez, je suis un grand fan d’"Amadeus", et la question est : est-ce qu’"Amadeus" est un film à propos de Mozart, ou un film sur la jalousie ? Je voulais regarder l’Amérique qui me fascine depuis mon enfance, depuis très très longtemps, je suis fascinée par l’ère américaine, j’y ai grandi, l’Amérique des années 50, 60 et 70. Et donc, si vous prenez Elvis Presley comme une sorte de canevas, pour explorer cette Amérique-là, il est au centre des années 50, 60 et 70, pour le meilleur et pour le pire. Vous ne pouvez regarder l’Amérique sans regarder la question des races, et Elvis est aussi au centre de la question des races, parfois d’une très bonne manière, parce qu’il a osé, dangereusement, s’impliquer dans la culture black, la musique black, avec ses amis et d’autres artistes. Puis il s’est isolé dans sa période hollywoodienne, et son échec est venu de sa période d’addiction. On ne va pas rentrer dans la politique de cette période, tout comme la relation amoureuse entre Elvis et Priscilla, tout ça se trouve dans le film, mais la grande histoire de ce film, se trouve entre le plus grand vendeur du monde, qui était aussi un accro du jeu, un personnage complètement fake, et l’un des plus grands dieux orphiques de la musique.

ELVIS

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Vous avez dû recréer ces périodes, sur différents plateaux de tournage, c’est un projet gigantesque, mais d’un point de vue technique, quel était le plus grand défi pour réaliser votre rêve ?

Baz Luhrmann : Vous savez, tout d’abord, il a fallu trouver "Elvis". Et j’ai trouvé Austin, et vous avez vu à Cannes, le monde va le découvrir ! Dès la première image, j’ai montré à mon ami Jay-Z qui n’est pas un grand fan d’Elvis, et il m’a dit : "qui est cet acteur ? Il a humanisé Elvis". Et la première chose qu’Austin a faite, ce n’est pas d’imiter Elvis, il l’a rendu humain, et d’autres m’ont dit : "J’ai l’impression d’avoir rencontré quelqu’un que je ne connaissais pas ". Et pensez que nous parlons d’une icône du rock, qu’on pense tous connaître sans l’avoir rencontré. Et pour reproduire tous ses concerts, exactement comme ils se sont passés, je peux vous dire qu’Austin s’est entraîné à n’en plus finir, avec la chorégraphe Polly Bennett notamment, et il s’entraînait même entre les prises. Et un des techniciens qui déplacent les caméras, et qui ne m’avait jamais dit plus de 10 mots en près de 30 ans de collaboration, est venu me voir pour dire : "Boss, j’ai fait les Star Wars, Jerry Mulligan, les Mission impossible, mais je n’ai jamais rien vu de tel, comment il arrive à faire ça ?". Et c’est une bonne question, même moi je ne sais pas comment il a réussi à faire ça.

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