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BD : ''Dernier Week-end de Janvier'' et ''L’Ombre des Pins''

''Dernier week-end de janvier'' chez Casterman et ''L’Ombre des pins'' chez Virages Graphiques

© Bastien Vivès, Cécile Dupuis et Valérian Guillaume

Exceptionnellement deux romans graphiques coups de cœur qui abordent la même thématique. À ma gauche : ''Dernier week-end de janvier''. Sur la couverture, on devine une ville partiellement enneigée et deux personnages chaudement emmitouflés. À ma droite, ''L’Ombre des pins''. Sa couverture est lumineuse, solaire, même. Un jeune garçon en maillot y est assis sous l’ombre d’un pin parasol, en bordure de Méditerranée. Ce sont les deux faces d’une même pièce, car les deux livres s’intéressent à ce moment magique où deux êtres commencent à s’aimer. Ce délicieux tourment qui naît, entre vertige et gaucherie, entre regards sous-entendus et mots à double sens, quand la raison chavire.

Juste la version " été " et la version " hiver " d’une même histoire, ou les différences vont au-delà ? On pourrait écrire un livre entier sur les différences entre ces deux romans graphiques, tant il y en a ! Si je les réunis ici, c’est parce qu’ils m’ont procuré des émotions semblables, mais ils le font très différemment. Parlons d’abord de ''Dernier week-end de janvier''. Les grands fans de Bande Dessinée connaissent cette date comme les fans de cinéma connaissent celle du Festival de Cannes, c’est le week-end durant lequel se déroule la grand-messe de la BD, à Angoulême. C’est dans ce cadre que Bastien Vivès a choisi de camper les prémices d’une histoire d’amour entre un auteur de BD un peu vieillissant et pas très téméraire – Denis Choupin, moustache et lunettes, la bonne cinquantaine – et la femme d’un chasseur de dédicaces, qui accompagne son mari au festival. Vivès renoue ici avec ce qu’il fait depuis ses débuts : décrire les relations amoureuses. Mais s’il y a vingt ans, il s’intéressait aux amours adolescentes, il tente cette fois de transposer sa caméra dans les vies de personnages plus âgés que lui. C’est brillamment fait, parfaitement dialogué jusque dans les silences qui figent les moments le plus intenses, mis en scène au plus près des visages et des corps, sur fond de clin d’œil au petit monde de la BD dont l’auteur fait partie.

Dans ''L’Ombre des pins'', co-scénarisé par Cécile Dupuis et Valérian Guillaume, mais dessiné par la seule Cécile Dupuis, on partage le rapprochement entre deux adolescents perdus dans un village du Sud le temps des vacances. Pablo est un solitaire, mal dans sa peau et un peu rêveur, il passe quelques jours chez sa grand-mère. Carla, appareil photo en bandoulière, promène son objectif aux quatre coins du village et de la plage avant de rejoindre son père au Camping des pins. Leur route va se croiser. La photo les réunir. Et nous allons assister à ce moment magique où leurs regards se harponnent, leurs cœurs battent plus forts, leurs secrets se dévoilent. Ici, couleur et chaleur viennent souligner la magie des premiers émois, tout est dans le non-dit, dans les interstices de la vie, dans le temps suspendu.

Vous avez le choix, donc. À ma gauche, pour rappel : ''Dernier week-end de janvier'' qui vous emmènera dans les rigueurs hivernales d’Angoulême à la découverte de personnages qui ne savent plus s’ils peuvent encore aimer, c’est chez Casterman en noir et blanc. Et à ma droite, ''L’Ombre des pins'', qui vous éclaboussera de sa lumière méridionale, c’est paru en couleur chez Virages Graphiques.

''Dernier week-end de janvier'' par Bastien Vivès, chez Casterman et ''L’Ombre des pins'' par Cécile Dupuis et Valérian Guillaume, chez Virages Graphiques

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Des conseils de lecture pour passer du bon temps, un album à la main : Comics Street le mercredi à 13h45, l’actualité BD présentée par Thierry Bellefroid dans Lunch Around The Clock.

"Viens petite fille dans mon Comic strip" chantait Gainsbourg avec autant de fausse innocence que quand il faisait chanter "Annie aime les sucettes" à France Gall. En guise de clin d’œil, Comics Street vous invite, vous les fans de rock, à partager chaque semaine les coups de cœur choisis par Thierry Bellefroid parmi les dizaines de titres qui déboulent en librairie. Perles et pépites à lire en écoutant… Classic 21, bien sûr !

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