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BD : le retour des « Carnets de campagne »

Les coulisses d’une campagne présidentielle
08 juin 2022 à 14:27Temps de lecture2 min
Par Gérald Vandenberghe

L’album nous propose un projet très simple. Nous faire revivre la campagne présidentielle française de l’intérieur. Un défi audacieux car il n’est jamais facile d’attirer l’attention des lecteurs qui connaissent déjà la fin d’une histoire. Mais Mathieu Sapin, entouré de 5 autres dessinateurs, parvient à nous accrocher, à coups d’anecdotes et d’infos que l’on n’a ni lu, ni vu ailleurs, dans ces "Carnets de Campagne" publiés chez Glénat.

Ce n’est pas la première fois que Mathieu Sapin se glisse dans les coulisses des grandes campagnes politiques françaises. Il était déjà là lors des élections surprises de François Hollande et d’Emmanuel Macron. Mais cette fois, il ne s’est pas concentré uniquement sur un seul candidat. Il s’est entouré d’une équipe de 5 dessinateurs qui nous permettent de suivre en parallèle 12 candidats tout au long de leur tentative de se faire élire à l’Elysée.

L’annonce de la candidature "Macron"
L’annonce de la candidature "Macron" @Dargaud

Des coulisses et un point de vue.

L’avantage d’être un dessinateur, c’est que l’on est discret. On se glisse partout et on se fait vite oublier. Une fois bien introduits dans l’entourage des partis qu’ils ont choisi de suivre, Louison, Dorothée de Monfreid, Kokopello, Lara et Morgan Navarro ramènent les mêmes trésors d’infos que Mathieu Sapin, lors de ses expéditions politiques précédentes. Des moments de doute, de tension, de moquerie que ne saisira jamais aucune équipe de télé. Les doutes des candidats, leurs ambitions, leurs haines aussi, tout apparaît sous leurs traits.

 

"Evidemment, plus le temps passe et plus ça devient compliqué de se faire oublier, précise Mathieu Sapin. Les communicants qui entourent les candidats connaissent maintenant notre travail de dessinateur politique et ils sont plus attentifs. Mais bon, on ne leur apprend toujours pas à maîtriser la communication en BD dans les grandes écoles d’où ils sortent. La télé, les journaux, les réseaux sociaux, oui. La BD, pas encore. On a toujours un avantage."

 

Pas vraiment gâté Eric Zemmour…
Pas vraiment gâté Eric Zemmour… @Dargaud

T’as vu ta tronche !!!

Contrairement à des journalistes politiques classiques, les auteurs de BD se mouillent davantage, ils exposent clairement ce qu’ils vivent, ce qu’ils ressentent. Ils ne dévoilent pas leurs idées politiques mais soulèvent avec un malin plaisir les petits couacs, les moments révélateurs de tension ou les désillusions des candidats. Et en plus de cela, ils sont obligés de dessiner les candidats, qui ne sortent pas toujours grandis de ce passage sous le crayon. Zemmour a l’air d’un méchant dans un film Disney et Jean Lasalle se résume à un " pif " au volume identique à la péninsule évoquée par Cyrano de Bergerac.

"Les politiques ont la peau dure, ils ont l’habitude de la caricature. Ce qu’ils craignent par-dessus tout, c’est de ne pas exister médiatiquement. Alors même si le dessin n’est pas tout à fait flatteur, ils préfèrent cela à l’indifférence ajoute Mathieu Sapin ".

Jean Lassallle a du "pif"
Jean Lassallle a du "pif" @Dargaud

" Aucun candidat n’a réagi de manière négative. En revanche certaines confrères journalistes n’ont pas trop aimé la manière dont je les ai dessinées. Je n’essaye jamais d’être flatteur, mais je ne cherche pas à être blessant. D’ailleurs, je ne me gâte pas non plus. Je me représente toujours en petit chauve à grosse tête. Je partage le sort de ceux que je dessine."

Au total, la lecture de cette BD est distrayante et instructive. Et elle parviendra encore à vous en apprendre même si vous considérez être un spécialiste de la politique de l’hexagone. Macron et Le Pen sont là, mais ce sont surtout les pages consacrées aux " petits " candidats qui révéleront des moments que n’aurait pas reniés l’émission Strip-Tease, dans ses grands jours.

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