Chroniques

Belgique : cet immobilisme politique qui vient

Philippe Walkowiak

© RTBF

Les différents gouvernements du Royaume ont donc décidé de reporter une nouvelle fois, le comité de concertation devant évaluer l’évolution de l’épidémie de Covid. En soi, sans doute une bonne nouvelle, comme un retour à la vie d’avant, mais que font alors nos différents gouvernements ?

Sensation de vide

Le gouvernement fédéral a été formé dans l’urgence de gérer la pandémie, les exécutifs régionaux ou communautaires, constitués un an plus tôt, ont dû s’y plier également. Les programmes gouvernementaux furent alors mis de côté, pour gérer l’urgence. A présent, il paraît bien difficile d’y retenir, comme un regard déjà posé sur la prochaine échéance électorale. L’heure n’est déjà plus aux grands chantiers, aux réformes.

Au fédéral, la réforme des Pensions est retournée dans les cartons, la réforme fiscale se fait attendre et l’avenir énergétique du pays reste intimement lié aux rapports de force entre partenaires de la majorité.

Le gouvernement semble avoir décidé de laisser filer le déficit budgétaire, de laisser l’inflation flamber. On verra bien après 2024, un peu comme cette consultation populaire sur la prochaine réforme de l’état qui commence la semaine prochaine mais qui ne produira aucun résultat avant la prochaine législature.

Agir ?

Dans le même ordre d’idée, le gouvernement wallon tente déjà de sauver sa fin de législature. Les bonnes (?) intentions initiales ont été balayées par les circonstances (épidémie, inondations, crise énergétique, inflation, guerre, …). La relance souhaitée risque d’apparaître comme un nouveau plan de plus, qui viendra se superposer aux précédentes tentatives qui n’auront guère amélioré les statistiques économiques de la Wallonie. Le sud du pays reste chroniquement en dessous de la moyenne européenne, sans que la situation n’ait évolué ces 30 dernières années, malgré les plans de relance qui se sont succédé.

Le budget " base zéro " se fait toujours attendre et l’avenir demeure incertain.

Le gouvernement flamand n’en finit plus, quant à lui, de se diviser sur le moindre sujet, la confiance entre partenaires n’existe plus ; la majorité bruxelloise s’apprête à éclater sur la question de l’abattage rituel. On notera au passage que socialistes wallons et bruxellois ne partagent pas la même notion de " bien-être animal ", un œil là aussi sur les prochains scrutins.

Pour nos gouvernements, les affaires " prudentes " ont déjà commencé. Le temps va paraître long…

 

@PhWalkowiak

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