Diables Rouges

Belgique – Pays-Bas, l’autre Derby : "C’est vraiment le match à gagner"

La Belgique et les Pays-Bas se sont affrontés pour la dernière fois le 16 octobre 2018.

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Quel est l’ennemi juré des Diables Rouges ? Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que vous répondiez "la France". Mais une fois la frontière linguistique du pays traversée, la réponse change. En Flandre, le rival n’est pas bleu, mais Oranje. Si la rivalité entre Flamands et Hollandais n’est pas comparable à celle qu’entretiennent les Wallons avec les supporters français, le "Derby der Lage Landen" (Derby des Plats Pays) reste un match spécial pour les Belges néerlandophones.

La rencontre est sold-out, mais Jules Deleersnijder a déjà son ticket pour le match contre les Pays-Bas de ce vendredi. L’Anversois supporte les Rode Duivels depuis près de 20 ans. Il était dans les travées du stade Roi Baudouin quand les équipiers de Vincent Kompany peinaient à battre des équipes comme l’Azerbaïdjan ou le Kazakhstan. Pas question donc de rater l’affrontement face aux voisins. "C’est vraiment le match à gagner. C’est toujours un match spécial pour nous, Flamands. C’est une question de fierté."

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Une question de fierté, car le derby a une histoire. Ou plutôt 127 histoires, étant donné que le match de vendredi sera la 128e rencontre officielle entre les deux équipes. Et dès la première confrontation en 1905, le derby devient un match phare. "À l’époque, il n’y avait ni Coupe du Monde ni Euro, donc beaucoup moins de matches internationaux. Étant donné que c’était un des seuls matches que jouaient les Diables Rouges et les Oranjes, c’était aussi par définition le plus important" rappelle l’historien du sport hollandais Jurryt van de Vooren.

L’exemple batave

Une rivalité historique encore plus prononcée chez les néerlandophones. Cela s’explique bien sûr par la proximité géographique et culturelle, mais aussi par une admiration du public flamand pour le style de jeu batave. Peter t’Kint, journaliste au Sport/voetbal Magazine explique "qu’il y a 15 ou 20 ans, pour le supporter flamand, la Hollande représentait l’école du foot. Il fallait jouer comme eux."

Car la Hollande a historiquement joué un football attrayant, le fameux totaalvoetbal de Johan Cruyff et consorts. Sûrs d’eux et de leur football, les supporters néerlandais se montraient parfois arrogants à l’encontre du voisin flamand. "Pour les Hollandais, le match contre l’Allemagne était plus important que celui contre la Belgique, car ils estimaient être bien meilleurs que nous. Mais cela a bien sûr changé ces dix dernières années." rappelle Peter t’Kint.

Une rivalité qui décline

Car depuis dix ans, les Oranjes broient du noir. Absents de l’Euro 2016 et de la dernière Coupe du Monde, les Pays-Bas ne dépasseront pas les 1/8e de finale de l’Euro 2020, après une triste défaite face à la République tchèque. En parallèle, les Diables Rouges vivent une période faste, même si notre équipe nationale n’a pas encore été couronnée de succès.

Les rapports de force se sont donc inversés, mais les supporters flamands n’ont pas encore réellement pu en profiter. Si les deux équipes s’affrontent régulièrement en amical (6 fois depuis les années 2000), la dernière rencontre officielle a eu lieu en phase de groupe de la Coupe du Monde 1998. Sans match à enjeu, la rivalité a décliné au fil des années.

Ce match de Nations League sera donc le premier Derby des Plats Pays avec un enjeu depuis près d’un quart de siècle. Un enjeu qui reste à relativiser, et qui ne risque pas de rallumer la flamme de la rivalité entre les deux équipes. "La Nations League, c’est une compétition à laquelle on n’apporte pas beaucoup d’importance." minimise Jurryt van de Vooren. "Mais si les Pays-Bas et la Belgique venaient à se rencontrer au Qatar, nul doute que toute l’histoire du Derby ressurgirait."

Si tout se passe bien pour les deux sélections, elles pourraient se retrouver en demi-finale ou en finale de la prochaine Coupe du Monde, en décembre 2022. "Si les deux équipes s’affrontent en finale ou demi-finale de la Coupe du Monde, la rivalité va évidemment refaire surface. Surtout pour notre génération dorée, qui arrive à sa fin et qui n’a encore rien gagné. Mais on est loin d’un tel scénario." concède Peter t’Kint.

Mais avant de rêver d’un match au sommet en décembre au Qatar, il y faut déjà penser à la rencontre de vendredi. Jules, en bon supporter, espère que la Belgique l’emportera. "D’autant plus que le copain de ma sœur est Hollandais. Si la Belgique perd vendredi, il n’a pas intérêt à me taquiner une heure ou deux après le match. Mais j’espère pour lui que les Pays-Bas vont gagner, car je ne pense pas pouvoir me retenir de le vanner directement." Qui charriera qui ? Réponse ce vendredi soir, après le match.

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