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Belgique : un "quoi qu’il en coûte" qui va coûter très cher

Philippe Walkowiak

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04 avr. 2022 à 09:59Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

 

La législature se voulait celle de l’orthodoxie budgétaire retrouvée. L’œil méfiant sur la N-VA, Open VLD et CD&V s’y étaient principalement engagés. Pourtant, depuis son installation à l’automne 2020, le gouvernement fédéral ne cesse de gonfler la colonne " dépenses ". Les autres exécutifs lui ont emboîté le pas, au point que la dette wallonne dépassera dans quelque temps, tout entendement.

La succession des crises semble avoir actionné une planche à billets d’euros, un " quoi qu’il en coûte " dangereux pour les prochaines générations.

Paix sociale

Si la Belgique est sortie sans trop de casse de l’épisode " gilets jaunes " qui avait notamment déjà coûté très cher aux finances publiques de nos voisins français, le pays a pris comme d’autres de plein fouet la crise sanitaire. Malgré de très gros ratés d’organisation, nos différents gouvernements n’ont pas lésiné sur les moyens financiers afin de garantir une certaine cohésion sociale et maintenir l’économie la tête hors de l’eau. Les multiples bénéfices records de nombreuses entreprises en 2021 tendent à le concrétiser.

Le gouvernement fédéral avait décidé de mesures de relance pour plus de 2,5 milliards €. La flambée des prix de l’énergie démultipliée par la guerre en Ukraine nous fait basculer dans une autre réalité budgétaire.

Plus grave que le Covid

Les mesures après-Covid, l’effort militaire et l’accueil des réfugiés (plus de 30.000 à ce jour, beaucoup plus d’ici peu) font déjà grimper la note de plus de 4,3 milliards €, ce qui monte le déficit à près de 21 milliards € !

Il est déjà acquis que la guerre en Ukraine et ses conséquences coûteront aux finances publiques bien plus que la pandémie.

Dans ce contexte, le gouvernement fédéral annonce d’autres dépenses : un milliard € en plus de la Défense, un secteur dans lequel les gouvernements successifs depuis 30 ans, s’étaient bien gardés d’investir, faisant de notre pays le plus modeste contributeur (avec le Luxembourg) à l’effort commun de l’OTAN.

Pour le reste, le gouvernement ne semble guère avoir de prise tant sur les réalités économiques et budgétaires. Il est en réduit à tenter de constituer des " matelas financiers " au cas où et… croiser les doigts.

Le gouvernement fédéral ne précise pas où il compte trouver cet argent, sinon à nouveau recourir à l’emprunt dans un contexte d’inflation galopante cette année, sans vue réelle sur l’avenir.

L’incertitude demeure la seule certitude, quoi qu’il en coûte.

 

@PhWalkowiak

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