Biélorussie : dixième jour de protestation, rassemblement devant la prison où est le mari de l'opposante Tikhanovskaïa

Bélarus: l'opposition devant un centre de détention pour le 10e jour de protestation

© Belga

18 août 2020 à 10:59 - mise à jour 18 août 2020 à 10:59Temps de lecture2 min
Par Belga

Près de 200 partisans de l'opposition au Bélarus se sont rassemblés mardi devant le centre de détention où est enfermé le mari de leur cheffe de file, pour la 10e journée de protestation contre les résultats de la présidentielle.


A lire aussi : Présidentielle en Biélorussie : Charles Michel convoque un sommet européen extraordinaire ce mercredi


Sergueï Tikhanovski, mari de l'égérie de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, est détenu depuis le 29 mai. Vidéo-blogueur en vue, il avait fait acte de candidature à la présidentielle et mené campagne contre le chef de l'État Alexandre Loukachenko avant d'être remplacé au pied levé par son épouse après son arrestation. Il est accusé notamment de "troubles à l'ordre public" et encourt plusieurs années de prison.

Près de 200 personnes se sont réunies mardi matin devant le centre de détention n°1 de Minsk, la capitale, où Sergueï Tikhanovski a été placé en détention provisoire pour lui souhaiter un bon anniversaire des 42 ans et exiger sa libération. Tenant des bouquets de fleurs et des ballons aux couleurs rouge et blanche de l'opposition, les manifestants ont chanté "joyeux anniversaire" et applaudi, selon des journalistes de l'AFP.

Sa femme Svetlana Tikhanovskaïa, 37 ans, est elle réfugiée en Lituanie avec leurs enfants. Elle s'est dite lundi prête à "assumer ses responsabilités" et à gouverner le pays. Un "conseil de coordination" pour la transition du pouvoir a été formé à cet effet par l'opposition, dont la première réunion doit avoir lieu dès mardi, selon l'opposante Maria Kolesnikova.


A lire aussi : Présidentielle au Bélarus : l'opposante Tikhanovskaïa se dit prête à devenir le "leader national"


Depuis l'élection contestée du 9 août, la pression ne cesse de monter sur le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 au Bélarus. Déclaré vainqueur avec 80% des voix, il fait face à des manifestations quotidiennes et à un mouvement de grève touchant de plus en plus d'industries vitales à l'économie du pays.


A lire aussi : Biélorussie, Bélarus ou Belarus ? On vous explique les différences


Alexandre Loukachenko a de nombreuses fois rejeté l'idée d'un départ, assurant encore lundi qu'il ne transmettrait jamais le pouvoir "sous la pression et pas par la rue". Il a décerné mardi plus de 300 médailles à des membres du ministère de l'Intérieur "pour un service impeccable".

La situation au Bélarus doit faire l'objet mercredi d'un sommet extraordinaire de l'UE, avec à la clé une extension des sanctions déjà décidées la semaine dernière après les violences.

Le Bélarus a fait l'objet mardi d'un appel téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel. Berlin a exhorté Minsk à "renoncer à la violence" et à dialoguer avec l'opposition. Le Kremlin a averti contre "toute tentative d'ingérence étrangère", disant espérer une "normalisation rapide de la situation".

Sujet JT du lundi 17 août sur la situation en Biélorussie

Biélorussie / Poursuite de la contestation

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous