Regions Liège

Bientôt, à Seraing, un mémorial aux victimes russes de la "grande guerre patriotique" ?

Le projet, tel qu’il apparaît sur le site de l’église orthodoxe russe

© © Tous droits réservés

C’est un projet ambitieux, mais il n’est pas neuf: il date d'une dizaine d'années.. La paroisse orthodoxe de la cité du fer, créée voici plus de quinze ans, souhaite construire son église. Un édifice d’une hauteur approximative de vingt-cinq mètres. Un gabarit appréciable dans ce quartier ouvrier, mais qui correspond à d’autres bâtiments, catholiques par exemple. Les difficultés ne devraient pas être essentiellement urbanistiques. Du moins, elles ne semblent pas insurmontables.

Mais ce n’est pas un banal lieu de culte. Les promoteurs, une association qui dépend de l’archevêque, la "conférence de la sainte trinité", souhaitent lui donner une dimension de monument à la mémoire des victimes et prisonniers russes de la deuxième guère mondiale. Elle relève du patriarcat moscovite, très contesté depuis six mois pour le soutien que certains de ses responsables apportent aux "opérations spéciales en territoire ukrainien". La période est donc délicate pour autoriser une construction à la gloire des soldats de la "grande guerre patriotique".

L’endroit est pourtant judicieusement choisi, puisque le monument national à la résistance belge a été implanté en région liégeoise, et que plusieurs aviateurs soviétiques ont pris le maquis dans les forêts ardennaises, et l’ont parfois payé de leurs vies. Il se trouve d’ailleurs, au cimetière de Sainte-Walburge, la sépulture collective de cinq d’entre eux, surmontée d’une majestueuse sculpture. Le souvenir du rôle de ces partisans a tendance à s’estomper à l’heure actuelle. Le tout est de savoir s’il est opportun politiquement ou diplomatiquement d’en rallumer la flamme.

Les bourgmestre et échevins sérésiens, qui viennent de boucler l’enquête publique, ne se sont pas encore prononcés sur l’autorisation qui est demandée.

Articles recommandés pour vous