Belgique

Bientôt un diesel à 2 euros ? Pas impossible malheureusement à entendre Olivier Neirynck, directeur technique de la Brafco

© © Tous droits réservés

08 févr. 2022 à 21:35 - mise à jour 09 févr. 2022 à 08:57Temps de lecture3 min
Par Hugues Angot

Plus d’1.80 le litre. Le prix du diesel à la pompe atteint des records. Depuis un an, les prix des carburants ne cessent d’augmenter. Comment expliquer de telles augmentations ? Comment faire baisser les prix ? Quelle mobilité demain ? QR l’actu fait le point sur ce dossier avec Olivier Neirynck, directeur Technique de la Brafco, la fédération belge des négociants en combustibles et carburants et Sylvie Gayda, directrice d’études chez Stratec.

Pourquoi des prix si élevés ?

Si l’on ne tient compte que du prix du carburant en tant que tel, les raisons de ces prix élevés sont multifactorielles comme l’explique la directrice d’étude de Stratec :"Il y a tout d’abord la reprise des activités mondiale. Pendant la crise sanitaire, tout a tourné au ralenti et retrouver le rythme normal n’est pas facile. Il y a également le fait que la Chine, pour des raisons environnementales, se détourne un peu du charbon pour se tourner vers le gaz ou le mazout. Et puis enfin, les tensions géopolitiques entre l’Otan et la Russie autour de l’Ukraine. Tout cela explique un marché tendu et des prix élevés".

Diesel à 2 euros le litre ?

On peut craindre que ces prix augmentent encore à entendre le directeur technique de la Brafco. "Aujourd’hui, nous sommes à 90 dollars le baril de pétrole avec un euro qui est malheureusement faible par rapport à ce dollar, et comme les échanges sur ce marché se font en dollar, on se rapproche effectivement de plus en plus du chiffre des deux euros le litre. On espère qu’il y a aura une solution diplomatique en Ukraine. Ça nous permettrait de retrouver des chiffres plus bas". Mais si ces prix donnent actuellement le tournis, les prix pourraient retrouver un niveau acceptable plus rapidement que pour le marché du gaz ou de l’électricité ajoute Olivier Neirynck.

Trop de taxes et d’accises ?

Les taxes et les accises représentent un peu plus de 50% du prix du carburant. Beaucoup trop pour certains ! Sylvie Gayda tient à nuancer ce sentiment. "Le niveau des accises aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne est analogue à ce que nous connaissons chez nous voire même un peu plus élevé".

Il faut aussi préciser que les pouvoirs publics ont corrigé la différence d’accise entre le diesel et l’essence et ont remonté le niveau des accises du diesel au niveau de l’essence explique la directrice d’étude de Stratec : "Le diesel est mauvais pour la santé car les particules fines dégagées sont très néfastes pour nos poumons. C’était donc "injuste" que la taxation soit plus favorable pour le diesel que pour l’essence. Précisons également que les accises alimentent le budget de l’État et permettent donc de payer toute une série de services publics".

En ce qui concerne les accises en Belgique, elles sont effectivement largement supérieures au niveau plancher fixé par l’Europe explique le directeur technique de la Brafco : "L’État a une marge de manœuvre pour faire baisser les accises. Il y a plusieurs pistes pour y parvenir soit le système du cliquet inversé, soit de jouer sur le budget mobilité pour favoriser la mobilité alternative ou de réévaluer l’indemnité kilométrique dont les employés bénéficient auprès de leurs employeurs. Et vu les prix que nous connaissons aujourd’hui, il y a urgence".

Des alternatives ?

Il n’y a pas une alternative unique à la voiture et aux frais de carburant explique Sylvie Gayda. "Il faut panacher les solutions. Quand vous devez vous déplacer, il faut se demander si vous ne pouvez pas le faire autrement qu’en voiture".

Pour Olivier Neirynck, beaucoup de gens sont dans l’incapacité de se passer de leur voiture. Il y a aussi toutes les professions où la voiture est indispensable. La directrice d’étude de Stratec reconnaît que se passer de la voiture est impossible pour une partie de la population mais ce n’est pas pour autant que des politiques nouvelles ne doivent pas être implantées : "Il faut pouvoir mettre en place des politiques de mobilité alternative en aidant les "captifs" de la voiture (les personnes qui n’ont pas d’alternatives) ou des personnes qu’il faut aider financièrement".

 

QR l'actu

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Le prix maximum du diesel dépassera les 2 euros le litre ce samedi

Economie

Le diesel et l’essence 98 atteindront ce samedi des prix record, à plus de 1,9 euro par litre

Economie

Articles recommandés pour vous